À la une | 14/11/2017

Association d’éducateurs

Au contact de ses parents, de ses amis, de ses enseignants et de ses éducateurs sportifs et/ou culturels, un enfant n’en finit jamais d’apprendre. Mais ces modèles éducatifs peuvent-ils coexister ou l’éducation demeure-t-elle un domaine réservé à quelques-uns?

Quand le conseil de l’Europe reconnaît l’éducation comme "un processus permanent permettant le développement continu des capacités d’une personne", il semble bien suggérer qu’il n’existe pas de frontière entre les temps et les espaces d’apprentissage. Dans les faits, la réalité paraît plus nuancée.
"Il y a bien une juxtaposition des espaces éducatifs, entre l’école, la famille, les loisirs, la culture et tous ces espaces n’ont pas besoin d’avoir les mêmes objectifs. Chaque secteur participe à l’éducation de l’enfant. Ce qui fait défaut en revanche c’est la continuité éducative", regrette Laurent Lescouarch, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université de Rouen.
Au milieu de ce paysage contrasté, certaines frontières paraissent plus difficiles à franchir que d’autres. Aussi, quand les parents s’interrogent sur leur place, voire leurs missions, par rapport à l’école, ils aboutissent souvent à un malentendu. "Quand j’aidais mes enfants à faire leurs devoirs à la maison, je me trouvais plus stricte que la maîtresse, confie Malika Oulalite, coordinatrice et animatrice de l’accompagnement scolaire à la Confédération syndicale des familles (CSF). À la fin, j’ai arrêté de jouer ce rôle pour me réserver le côté où on va au théâtre ou en forêt en avec ses enfants." Laurent Lescouarch confirme que "les familles n’ont pas à jouer un rôle d’enseignant bis. Il s’agit juste de permettre aux enfants de prolonger leurs apprentissages en dehors de l’école. L’enjeu est de relégitimer des pratiques essentielles comme le fait de jouer avec ses enfants par exemple".
Démunis, certains parents ont parfois l’impression d’être davantage classés dans la catégorie des « démissionnaires". "Il faut au contraire les accompagner sans une parole de prescription sur des sujets qui les regardent en tant que parents", insiste Laurent Lescouarch.
"On cherche une vraie relation d’égalité entre les parents et les enseignants, souligne Malika Oulalite. Si l’enfant ressent une barrière ou un manque de cohésion, il peut éprouver de la frustration et se sentir obligé de choisir entre ses parents et sa maîtresse ou son maître."
Heureusement, pour entretenir la "continuité éducative", les parents ne manquent pas d’idées. "À la maison, j’essaye de faire passer des valeurs de respect de soi et de l’autre à mes enfants. Mais j’aimerais aussi que sur des sujets comme le harcèlement, la place des écrans, le racisme et
la discrimination il y ait du partage entre les familles et l’école. Il faudrait plus d’espaces de dialogue dans ce sens", explique Mimount Aissati, représentante de parents d’élèves à l’école Jean-Macé. Et même si les messages et les méthodes peuvent se contredire, l’enfant se chargera de tracer sa route en s’appuyant sur tous ces enseignements.

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