À la une | 9/01/2018

Jean-Pierre Schneider expose au Rive Gauche et à Jean-Prévost

Le peintre Jean-Pierre Schneider expose à l’invitation de l’Union des arts plastiques (UAP). Une œuvre qui explore l’espace intérieur, loin des rêves, peau à peau avec le réel.

"Il part du réel pour aller vers un espace intérieur", pointe François Féret, co-président de l’UAP à l’origine de l’invitation de Jean-Pierre Schneider sur les cimaises stéphanaises. Que ce soit lorsque le peintre évoque les formes épurées de l’art roman ou celles d’une reine de Judée figée dans sa majesté – ou lorsqu’il troue la toile de "veduta" ("vues", en italien), ouvrant leurs perspectives lumineuses sur le dedans – cet espace intérieur, donc, Jean- Pierre Schneider semble vouloir y revenir, encore et encore, mais chaque fois enrichi d’un fragment de figure, d’un pro l perdu, d’une modeste jatte en terre. À la fois mêmes et autres.
Mais ces "figures", ces "sujets", sur la toile comme autant de persistances rétiniennes, n’ont que faire de ceux qui, il n’y a pas si longtemps, opposaient encore peintures abstraite et figurative. "Je suis revenu au sujet mais avec l’expérience de l’abstraction", explique sereinement le peintre.
Car chez Schneider, la figure et la forme n’ont aucune raison de se quereller. Parce que l’enjeu est ailleurs. Il est tout entier dans cette énigme dépeinte par Nicolas de Staël en 1949: "L’espace pictural est un mur, mais tous les oiseaux du monde y volent libre- ment. À toutes profondeurs." Une énigme qui fait, de la toile, l’espace-plan d’une paradoxale immensité, de celle, con e le peintre, "où règne le silence de ces bonheurs toujours teintés d’un drame possible".
Jean-Pierre Schneider dit également "peindre à la fresque", faisant référence à la technique de peinture murale que les Italiens appellent "a resco". "Je peins sur les couleurs encore fraîches, ce qui me permet ensuite de gratter et de retrouver la vibration des couleurs du dessous, les couleurs sont encore vives, vivantes, c’est comme une peau avec une palpitation en dessous de la surface." Car le temps qui passe n’est jamais bien loin chez Schneider. Il est même écrit sur les toiles. "J’essaie de peindre le réel, le présent. On peut revivre les choses ou faire des projets mais le plus compliqué c’est d’être au présent. Un tableau, c’est un morceau de réel, vu d’un certain endroit, à un temps donné." Et qu’on ne s’y trompe pas : depuis l’espace intérieur où ne cesse d’aller Jean-Pierre Schneider, ce dernier ne donne pas à voir des rêves mais bien "une réalité suggérée, insiste-t-il. J’y grave le mot de ce que je peins ou une phrase, cet apport de mots permet de signi er double- ment la réalité".
• Jean-Pierre Schneider au Rive Gauche et au centre socioculturel Jean-Prévost, du 11 janvier au 21 février. Vernissage samedi 13 janvier à 17h au Rive Gauche, puis au centre socioculturel Jean-Prévost.

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