Contournement Est: les réserves majeures
de la Ville face au tracé imposé

Depuis le 12 mai et jusqu’au 11 juillet 2016, le projet de contournement Est est entré dans la phase d’enquête publique. Un temps de concertation avec le public, un temps pour évoquer toutes les questions liées aux impacts potentiels de cette infrastructure routière sur le budget des collectivités locales, le développement économique, la sécurité des usagers, la santé des populations et la gestion du territoire.

Pourquoi les Villes de Saint-Étienne-du-Rouvray et Oissel s'opposent au tracé actuel ?

• Parce que ce pourrait bien être un projet qui ne remplira jamais les objectifs pour lesquels il voit le jour : être en capacité de détourner le transit de camions de Rouen.

• Parce qu'il est source d’importantes nuisances pour les populations à hauteur du rond-point des Vaches: pollution de l’air, bruit.

• Parce que c'est un non-sens en terme de développement durable: priorité au tout camions/automobiles au détriment du fret ferroviaire et fluvial et du développement des transports en commun.

• Parce qu'il s'agit d'une aberration économique que les citoyens paieront au moins trois fois : via leurs impôts lors de la réalisation du projet, au péage et lorsque les collectivités locales devront verser une subvention d’équilibre au concessionnaire.

• Parce qu'il constituera une barrière dans le paysage avec un viaduc de 14 m de haut et de 350 m de long qui débouchera au rond-point des Vaches alors que l’État a toujours refusé d’envisager un passage en souterrain.

• Parce que ce sera un frein au développement industriel sur Seine sud et, au contraire, une invitation à accueillir des activités, liées à la logistique, peu créatrices d’emplois.

• Parce qu'il s'agit d'une décision dont la légitimité démocratique peut être mise en cause : le tracé actuel – retenu par l’État – n’a jamais été discuté avec les populations, lors du débat public mené en 2005.

La Ville a produit un document synthétisant ses craintes face au projet, il est téléchargeable en cliquant ICI.

 

Faites-vous entendre !

L’enquête publique se déroule jusqu'au 11 juillet 2016. Elle permet aux citoyens de prendre connaissance de l’ensemble du projet et des études réalisées afin qu’ils donnent leur avis, interrogent les responsables voire expriment leurs craintes.
Une réunion publique est programmée à Saint-Étienne-du-Rouvray, mardi 24 mai à 19 h 30, à l’amphithéâtre Charliat de l’Esigelec, avenue Galilée.
En dehors de cette réunion, plusieurs solutions permettent aux Stéphanais-es de s’exprimer sur le projet de contournement Est.
• En déposant un avis sur les registres papier aux services techniques de la mairie, place de la Libération.
• En déposant un avis sur le registre électronique à disposition sur le site internet du projet : en cliquant ici
• En posant des questions lors de la permanence qui aura lieu mercredi 6 juillet de 9 heures à midi à la mairie.

Un projet, avec quel argent ?

Pour l’État, maître d’ouvrage, le montant de la construction de la liaison A28/A13 devrait être compris entre 886 et 953 millions d’euros. Hubert Wulfranc, le maire, estime quant à lui que ce montant pourrait atteindre plus d’un milliard d’euros. Un coût considérable et d’autant plus difficile à appréhender que l’État et les collectivités locales ne sont pas en mesure de le prendre à leur compte en totalité et qu’il faudra en passer par un concessionnaire privé qui n’aura d’autre solution que de mettre en place un péage. Mais quel sera le montant de ce péage ? Pour l’instant, personne ne le sait. Notons que dans le cadre de la concession, l’État indique qu’une subvention publique d’équilibre de l’ordre de 489 millions d’euros hors taxe serait nécessaire pour garantir la soutenabilité financière du montage.

Un projet, dans quel environnement ?

D’une manière générale, l’Autorité environnementale (Ae) indique dans son avis rendu le 3 février 2016 que le tracé actuel du contournement Est met en péril des sols naturels et agricoles, des espaces forestiers, des paysages et des points de captage d’eau potable. L’augmentation du trafic devrait s’accompagner d’une augmentation des émissions de polluants tels que les particules et le dioxyde d’azote, y compris à proximité de logements de particuliers et de bâtiments professionnels. À ce titre, l’Autorité environnementale recommande « de préciser le résultat des simulations en dioxyde de carbone (…) au niveau du rond-point des Vaches ». Dans le même temps, l’Ae pointe les nuisances liées à la pollution acoustique et plus particulièrement le cas du lotissement des deux avenues où «le bruit routier s’ajouterait à une situation où les habitations les plus proches des voies ferrées sont vraisemblablement des points noirs de bruit (PNB) ferroviaires».

Un projet, synonyme d'amélioration ou de détérioration ?

L’objectif annoncé dès 2006 pour le contournement Est revient à «délester le centre-ville de Rouen d’une partie du trafic qui le traverse afin de contribuer à l’amélioration du cadre de vie et permettre le développement des transports collectifs et des modes doux». Si l’intention est louable, elle revient néanmoins à concentrer le trafic sur d’autres zones comme Saint-Étienne-du-Rouvray avec potentiellement + 4 057 véhicules par jour sur la partie « rocade sud » et + 1 184 véhicules par jour sur la partie « boulevard industriel » qui débouchent toutes deux sur le rond-point des Vaches. Dans le même temps, l’Autorité environnementale estime que les déchargements de trafics susceptibles de favoriser le développement des modes de transports collectifs et/ou doux ne seront pas forcément suivis d’effet rapidement car «la modification [des axes autoroutiers – NDLR] n’est pas aisée et nécessiterait une importante préparation».

Un projet productif ou contre-productif ?

Tandis que l’État prévoit un développement des activités économiques sur le secteur Seine Sud, le tracé actuel du contournement Est n’est pas sans conséquence sur l’emploi. D’abord parce que la création de cette infrastructure génère une importante consommation de terrains qui ne seront pas mis au service de la création d’entreprises. Le tracé va annihiler 150 hectares de cette zone unique dans l’agglomération, reliée notamment par le fer et la voie flufiale.
Ensuite parce que le contournement Est va couper en deux les terrains réservés au projet Seine Sud et briser le lien entre Oissel et Saint-Étienne-du-Rouvray. Et aussi parce cette autoroute est susceptible d’orienter les activités économiques à venir vers le tout logistique au détriment de l’emploi industriel : plus de hangars, moins d’emplois et plus de camions. Enfin, parce que la synthèse d’impacts publiée par la Dreal de Normandie prévoit d’ores et déjà une « interaction » avec l’entreprise Oissel Transports impliquant une expropriation.