Redéployer la solidarité

Place du 3e âge dans la ville, aide sociale, insertion économique et/ou culturelle… Beaucoup de sujets et du grain à moudre pour le débat autour des questions de la solidarité.

C’est qu’il y a fort à faire : la réalité locale c'est aussi un chômage touchant jusqu'à 40 % des jeunes, et 1 000 allocataires du RMI. Comment penser la solidarité aujourd'hui ? “Elle participe à la cohésion entre tous, réaffirme Joachim Moyse, pour vivre ensemble malgré le délitement du lien social que connaît notre société, nous faisons des choix de service public par exemple dans la restauration scolaire.” “Entre une classe populaire de plus en plus précarisée et une classe moyenne salariée, comment faire pour que tous se retrouvent dans une politique sociale audacieuse ?, s'interroge le maire. Cela passe par la redistribution. Notre solidarité se déploie vers l'ensemble des Stéphanais, de tous revenus, de tous âges.

NUL N'EST INEMPLOYABLE

Pour aller plus loin, que peut faire la ville en matière d'emploi ? Pour Alain Goussault, responsable de l’Union régionale des entreprises d’insertion, “nul n'est inemployable. Saint-Étienne-du-Rouvray a été une des premières à intégrer le critère d'emplois d'insertion dans ses marchés publics Il faut travailler les gisements d'activités possibles”. Fabienne Marc, médecin gériatre au centre hospitalier d’Oissel trace une passerelle entre aide au 3e âge et emploi “pour accéder au choix de ceux qui veulent vieillir chez eux, il y a besoin de personnels. Mais ce sont des professions qui doivent se qualifier. De façon générale, il y a besoin d'une bonne gestion de ces services, comme un guichet unique. Ce peut être le rôle des collectivités locales”.

Elle invite aussi à déployer une politique de prévention, basée sur une connaissance plus fine des besoins des personnes : “bien vieillir ne se prépare pas à 75 ans, on vieillit comme on a vécu. Certains restent actifs, d'autres sont plus vulnérables, se replient, ceux-là ont absolument besoin de la solidarité des professionnels, des familles, des voisins. D'autres sont dépendants et ont besoin d'assistance ou d'hébergement, mais ils ont aussi besoin de garder du lien social”.

Autre question en débat : quelle solidarité du coup apporter en direction des seniors : faut-il maintenir sous la forme actuelle les distributions de colis, les goûters ? “Ils permettent d’organiser des moments de convivialité, défend le maire et participent de notre connaissance fine des situations, même notre politique ne s’arrête pas là.

En CULTURE, ÊTRE AMBITIEUX

Sortir de l’isolement, la culture peut-elle y contribuer, quand tant de personnes en sont exclues ? Justement, la culture “c'est un dialogue, affirme Olivier Gosse, homme de théâtre et de chanson, animateur de la compagnie Arts-Scène. Le monde a beaucoup bougé : des brassages de population, des habitudes qui isolent… l'agora se perd. Les gens ont besoin de parler.” Il évoque l'idée de sortir des lieux culturels, d'inventer des formes transversales, “pour attirer l'attention de ceux qui sont loin”. “En culture nous devons être ambitieux, a appuyé le maire. Un travail important est mené au Rive gauche, avec Arts Scène, de lien social, d'acquis démocratique, il faut continuer. Peut-on par exemple accepter que l'école se réduise à apprendre à écrire et compter ?”

Et la discussion de rebondir sur les projets culturels portés par des jeunes, des idées de maraîchage bio pour faire des emplois d'insertion, de la transmission du savoir faire des retraités… Autant de pistes à poursuivre.

Dessins : Chritian Colin

 

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