Le Madrillet | 5/10/2009
La Poste fait le plein de voix
Toute la matinée samedi 3 octobre, c’est de très nombreux citoyens ont glissé un bulletin dans les trois urnes mises en place pour l'occasion, devant la mairie et les deux bureaux de poste de la ville.
« Ils ont déjà fermé la sécu dans le bas de la ville, alors pour La Poste, il faut se battre », lançait samedi matin une Stéphanaise, venue avec ses enfants devant l’hôtel de Ville pour voter, fustigeant un processus prévoyant la transformation en société anonyme de l’établissement postal national et laissant présager une future privatisation. Comme elle, de très nombreux habitants ont tenu à faire savoir leur opposition au projet gouvernemental. « Pour moi, c’était très important d’être là, assurait Sylvie Leroux. Je suis d’une famille de postiers sur trois générations, alors je connais la valeur de La Poste et je pense que cela vaut vraiment la peine de la défendre. » Écharpe tricolore en bandoulière, le premier adjoint, Joachim Moyse, s’est dit rassuré et encouragé par cette mobilisation : « Les citoyens ont bien compris qu’il y avait un risque de dégradation du service public postal. L’objectif, c’était que cette consultation soit la plus massive et la plus spectaculaire possible. » Pari réussi puisque rien que samedi matin pas moins de 1 825 votants ont été recensés sur les trois bureaux. Une immense majorité (1 810) s'est prononcée contre le changement de statut du service public. Seuls 15 suffrages se sont exprimés en faveur de la transformation.
À cette expression de la population s'ajoute celle des postiers invités à se prononcer devant le centre de tri postal départemental: 309 votants, 3 oui, 302 non, 4 nuls. Les cheminots aussi ont tenu à participer à la consultation: 404 votants, 402 non. À la fac de sciences et techniques, au Madrillet, le syndicat étudiant Unef a fait circuler une urne entre le 28 septembre et le 3 octobre : 44 suffrages ont été recueillis, 3 oui et 41 non. Au niveau national, 2,2 millions de personnes ont participé à cette votation citoyenne organisée par un comité rassemblant syndicat, association et partis politiques de gauche, elles disent non à 90% au changement de statut.
Samedi matin, à Saint-Étienne-du-Rouvray, Claire Herouard, factrice et syndicaliste CGT, était ravie de voir que La Poste « restait encore l’affaire de tous ». Son interrogation, comme celle de tous les participants, était bien sûr de savoir sur quoi cette mobilisation allait déboucher.
