C'est à dire | lettre n° 95

Saint-Étienne-du-Rouvray
28 octobre 2011
Bonjour,

Question d’éducation… Certains préfèrent les filles, d’autres les garçons, et inversement. En ce qui me concerne, c’est vrai que j’ai peu d’intérêt à savoir que le couple présidentiel a désormais une fille qui portera haut les couleurs dorées du Palais et de ses augustes parents.
Dans une autre gamme de couleurs… d’autres préfèrent les garçons et moi j’aurais préféré une fille. Pas facile de choisir, mais quand même, une fille, ç’aurait été plus original, plus innovant. Plus mal à droite peut-être qu’un garçon, et têtue aussi, une fille ça s’accommode moins des petits arrangements, des compromis. Un garçon ça arrondit toujours les angles, pour ne pas prendre de risques. Une fille c’est lucide et précis, un garçon c’est plus aléatoire, ça varie. Ça aime les jeux de mots, faire rire les copains. Les filles pendant ce temps-là elles bossent !
Quoiqu’il en soit, au delà des réactions primaires un garçon, il faut bien l’accompagner, l’entourer. Mais peut-être avec de nouvelles approches, pas d’arrogance mais de la pugnacité, pas d’idées reçues mais des idées écoutées, le sens du dialogue, du partage des devoirs et des responsabilités. Parce qu’à un moment donné on le sait bien il faut que tout le monde s’y mette car il y a du boulot !
Dans l’éducation, tout est à reprendre, et c’est pareil pour vivre ensemble, un peu de respect s’il vous plait, de tolérance et d’humanité. Ça s’inculque de bonne heure. A la moitié de leurs vies certains n’ont toujours pas appris. Et puis les mensonges, arrêter les mensonges, les contre-vérités, les promesses, les engagements non tenus. Il va falloir travailler dur, faire front, ensemble ! Pour l’avenir. Et ce n’est pas qu’une question d’argent, juste une question de rééquilibrage, de répartition, d’équité. Qu’on fasse ou non partie de la famille proche, on a tous un point de vue sur toutes ces questions et probablement des choses à dire, à faire entendre.
Tiens, moi sur le plan de la culture par exemple, j’ai bien envie qu’on m’en parle un peu, ça commence tôt l’éducation artistique et comme les parents ne s’en sont pas beaucoup préoccupés depuis dix ans il y a un énorme chantier à mener. Emploi, éducation, culture, recherche, mieux-être, solidarité devront être les premiers mots de l’abécédaire. Mais pas que des mots hein, sinon on changera rien !
Pour vous entraîner je vous propose d’aller un peu au spectacle. Outre le fait que vous allez découvrir des artistes magnifiques ces prochaines semaines (Tero Saarinen, Virginie Mirbeau, La famille Semianiky, l’incroyable Kaori Ito, les prodigieux Flamands, émouvants interprètes de "Gardenia", le "Tartuffe" magistral d’Eric Lacascade, l’élégante et lumineuse Joanne Leighton, vous rencontrerez aussi dans cette maison théâtre qui est la vôtre, tous ces jeunes, collégiens, lycéens mordus de spectacle, ces enseignants opiniâtres et passionnés, ces spectateurs à votre image et de tous âges, qui ne se contentent pas du plus petit dénominateur commun.
Des citoyens avec un besoin de culture, de spectacle, de partage, comme d’un toit, d’un travail et d’un avenir espérant. Comme eux, comme nous, plus vigilants que jamais, plus exigeants que jamais.
Vous les retrouverez jusqu’en mai, avec d’autres de plus en plus nombreux j’espère, pour que la fin de saison soit l’annonce de meilleures saisons à venir, de projets artistiques majeurs, de relations humaines régénérées, de futur à écrire pour la jeunesse d’aujourd’hui.
L’éducation, quel bel enjeu !
Chaleureusement à tous.

Robert Labaye, directeur

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