Fatigués d’être fatigués !

Covid + hiver = grosse fatigue… À la déprime de saison s’ajoute celle de la crise sanitaire qui n’en finit pas. Le point sur cette équation fatigante, et quelques éléments de solution pour aider à passer l’hiver.

Dans moins de deux mois, nous allons « fêter » un anniversaire qu’on aurait préféré oublier : les deux ans du premier confinement. C’est long, deux ans. Cette crise sanitaire dont on ne voit pas le bout devient une récession mondiale, un mal chronique auquel il est difficile d’échapper. Tout le monde en subit les effets, même ceux qui n’ont pas eu le covid : inquiétude, tristesse, déprime, colère, résignation. En deux mots : grosse fatigue.

Fin 2020, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) alertait déjà les gouvernements sur les facteurs et les risques de la « fatigue pandémique », manifestée par une démotivation sociale et collective face au virus. Les chiffres de décembre 2021 de l’enquête CoviPrev, menée par l’organisme Santé publique France pour ausculter la santé mentale de la population française depuis le début de la crise sanitaire, ne sont pas bons : 23 % des Français et des Françaises montrent des signes d’état anxieux, 18 % des signes d’état dépressif, et 68 % déclarent des problèmes de sommeil. Élevés, ces chiffres sont plutôt stables par rapport aux vagues précédentes, mais largement supérieurs à l’avant-Covid.

En plus, ce sombre tunnel du Covid traverse l’hiver, traditionnellement la saison de toutes les fatigues. La nuit est longue, même le jour. Difficulté à se lever le matin, tendance à somnoler pendant la journée, humeur maussade, manque de motivation et de concentration dans le travail, envie permanente de manger gras et sucré… Si vous souffrez de tous ces symptômes, vous êtes soit un adolescent ou une adolescente (et tout est normal), soit vous êtes atteint du Tas, le « trouble affectif saisonnier ». Les anglophones le nomment le Sad pour « seasonal affective disorder », ce qui veut dire la même chose mais en beaucoup plus parlant, puisque « sad » veut aussi dire « triste » en anglais.

Manque de sommeil ou de soleil ?

Un des facteurs de cette fatigue hivernale est la perturbation du sommeil, qui va de l’insomnie à l’excès de sommeil. Là encore, la crise sanitaire est un facteur aggravant : l’anxiété, la baisse d’activités physiques, le télétravail ont pu entraîner une désorga- nisation des cycles de vie normaux, dont ceux du sommeil. Et c’est un cercle vicieux : moins on dort bien, plus on est anxieux, fatigable et vulnérable, et plus on dort mal…

L’idéal est de dormir sept ou huit heures par nuit, voire deux de plus pour les enfants et les ados. Mais malgré le compte réglemen- taire, vous avez peut-être du mal à vous lever le matin, et vous ressentez chaque jour un gros besoin de faire la sieste après déjeuner (ou à l’heure du goûter). Non, vous n’êtes pas en train de vous transformer en marmotte ou en chat, ces animaux pleins de sagesse qui passent une grande partie de leur temps hivernal à dormir. Moins que d’un manque de sommeil, vous souffrez plutôt du manque de lumière naturelle. C’est elle qui, via les yeux, transmet au cerveau des informations liées au cycle éveil-sommeil. Le cerveau produit ensuite de la mélatonine, l’hormone régulatrice du sommeil. En cas de manque de lumière et de soleil, comme c’est souvent le cas en hiver, la production de mélatonine n’est pas optimale, et la somnolence s’installe. Lundi 10 janvier 2022, la météo annonçait par exemple 0h00 d’ensoleillement pour la journée. Il convient de tenir bon. Depuis le 21 décembre les jours rallongent et le printemps sera aussi au programme de 2022.

Bon à savoir

Quelques pistes pour lutter contre la déprime hivernale.

En hiver, il est indispensable de se reposer, mais aussi de conserver (ou commencer) une activité physique régulière, même légère : en journée (et de préférence le matin, pour « réveil- ler » le corps), faire des exercices de gym, sortir au moins une heure pour prendre l’air et un peu de lumière, marcher.

À défaut de pouvoir profiter du soleil et de ses lumineux bienfaits, on peut faire une cure de vitamine D, présente dans la plupart des poissons gras, ou en pharmacie sous forme d’ampoules et de comprimés. On peut aussi feinter le soleil grâce à des séances de luminothérapie, avec des lampes qui imitent la lumière du soleil.

Côté alimentation, il est recommandé de manger des fruits et légumes secs comme des amandes et des lentilles, du chocolat noir pour l’apport en magnésium, des fruits et légumes frais et crus pour les vitamines… Ne pas négliger le petit-déjeuner, qui fournit au corps le carburant pour commencer la journée. Et se faire plaisir (manger est bon pour le moral) sans se gaver de sucres rapides qui fatiguent l’organisme.

Éviter de manger, boire de l’alcool, fumer ou s’installer devant un écran avant d’aller se coucher.

Même quand on a envie d’hiberner, il est indispensable de garder une vie sociale, de sortir, de voir des gens, de parler, de rire et de se changer les idées. Et en cas d’urgence, on peut s’administrer en famille ou entre amis le meilleur remède contre la déprime hivernale (qui fonctionne aussi l’été) : une raclette.

Et plus sérieusement, ne pas hésiter à consulter un médecin, ou appeler le 0.800.130.000 pour les questions non médicales liées au Covid.

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