Grève des animateurs: “poursuivons le dialogue!”

En raison du mouvement de grève des animateurs vacataires des Animalins et faute de personnel, la Ville n’est pas en mesure d’assurer le service de restauration dans la majorité des écoles depuis le 29 novembre. Les élus mesurent et déplorent les difficultés dans lesquelles se retrouvent les familles, contraintes de prendre en charge leurs enfants sur le temps du midi.



Tandis que les grévistes ont majoritairement indiqué poursuivre le mouvement au moins jusqu’à vendredi 10 décembre, Anne-Émilie Ravache, première adjointe au maire en charge du personnel, fait un point sur la situation.

Que se passe-t-il avec les animateurs des Animalins ?

A-E.R : Les animateurs vacataires qui travaillent au sein des Animalins – les accueils périscolaires de la Ville – sont en grève. Leurs revendications portent essentiellement sur la nature de leur contrat et sur le nombre d’heures de préparation rémunérées, des heures effectuées en dehors de la présence des enfants.

Cette grève s’inscrit dans un mouvement national de revendications de la filière animation. Je dois redire que nous comprenons et partageons un certain nombre de leurs demandes qui découlent d’une réelle professionnalisation de ces métiers.

Là où, pendant longtemps, ces postes constituaient essentiellement des jobs d’appoint pour des étudiants en quête de complément de revenus, ils sont pour beaucoup devenus des métiers à part entière. Une réalité qui a évolué plus vite que la nature des contrats proposés.

Et la Ville n’a pas accompagné cette évolution ?

A-E.R: Depuis la création des Animalins en 2010, la Ville n’est pas restée sans rien faire. Les choses ont avancé, même si ce n’est pas encore suffisant.

La mise en place des Animalins, dans chaque école, a constitué l’affirmation de la volonté municipale de qualifier les temps d’accueil périscolaires, afin qu’il ne s’agisse pas de simples garderies mais bien d’espaces émancipateurs pour les enfants, d’espaces de socialisation, de découvertes, d’apprentissage…

Pour accompagner ce projet volontariste, des taux d’encadrement bien plus favorables à ceux imposés dans une garderie ont été mis en place. Chaque jour, environ 150  personnes, aux statuts très divers (animateurs titulaires, contractuels, vacataires ; surveillants de cours ; atsem) accueillent, encadrent et proposent des activités aux 1800 enfants accueillis en moyenne sur le temps de la pause méridienne.

Concrètement, la Ville a besoin de personnel le matin (1h), le midi (2h) et le soir (2h soit une demi-heure de plus que le temps d’accueil des enfants).

Il y a quelques années, des postes d’animateurs titulaires ont été créés pour les directeurs qui vont d’ailleurs changer de cadre d’emploi au 1er janvier pour passer en catégorie B, quelques contractuels ont été recrutés et effectivement les autres animateurs travaillent sous le statut de vacataires. C’est-à-dire qu’ils sont payés au prorata du service effectué.

Par ailleurs, il n’y a pas si longtemps, les taux horaires en centres de loisirs le mercredi et les vacances, ont été revalorisés.

Et depuis le début du mouvement social, qu’est-ce qui a été mis en place ?


A-E.R: Plusieurs rencontres ont eu lieu avec une délégation d’animateurs. Dans un premier temps, un volant de 1000 heures par an de temps de préparation a été proposé ainsi que l’engagement d’un travail au cas par cas sur le sujet de la contractualisation.

Dans un deuxième temps, le volume d’heures de préparation a été porté à 2000. C’est un geste significatif ! Et d’ailleurs, jeudi 2 décembre, la délégation reconnaissait que Saint-Étienne-du-Rouvray était une des très rares villes à faire une telle avancée. Pour autant, ces propositions ont été jugées insuffisantes par les grévistes.

Les grévistes mettent notamment fréquemment en avant le temps très conséquent de préparation qu’impose l’organisation, devenue un peu traditionnelle, de grands jeux à la veille  des vacances scolaires. Nous ne doutons pas que cet investissement est réel et lourd, toutefois, cette organisation ne relève pas d’une consigne pédagogique passée par la Ville.

Sur la question de possibles contrats, c’est un sujet qui doit s’étudier au cas par cas, selon le volume d’heures effectivement effectuées par exemple. Chaque situation administrative est particulière. Et d’ailleurs, nous veillerons à ce que chaque éventuelle proposition soit accompagnée d’une présentation des avantages et des inconvénients de chaque statut (contrat/vacataires).

Pourquoi cette situation de blocage ?


A-E.R: Sincèrement, nous considérons que ce blocage n’est pas de notre fait, nous sommes ouverts au dialogue. Toutefois, nous observons que les grévistes refusent de faire un pas de leur côté et ne font pas évoluer leurs revendications initiales. Difficile dans ces conditions d’avancer. Nous regrettons que ces efforts importants de la Ville, qui répondent en grande partie aux revendications initiales, ne soient pas reconnus.

Que répondez-vous aux parents qui témoignent de grande difficulté face à cette grève ?


A-E.R: Nous comprenons parfaitement la grande difficulté de certains parents qui ne disposent pas de moyens de garde pour le midi.

Nous recevons de nombreux messages de familles qui nous demandent d’accueillir malgré tout les enfants. Mais pour des raisons de sécurité, de responsabilité et d’organisation ce n’est tout simplement pas possible. Sans oublier le contexte de Vigipirate et de crise sanitaire qui n’autorise pas normalement le brassage des enfants.

Nous comprenons bien que les familles sont pour la plupart solidaires des vacataires grévistes, parce que les animateurs sont investis au quotidien après de leurs enfants, parce que l’offre pédagogique proposée est riche et parce qu’au fil du temps des relations de confiance et de respect se nouent entre les parents, les enfants et les animateurs. Nous souhaitons les assurer de notre totale volonté d’aller de l’avant.

Et maintenant ? 


A-E.R: Les vacataires grévistes ont annoncé une grève lundi 6 et mardi 7 décembre et compte tenu du contexte actuel nous ne pouvons garantir que les choses se débloquent d’ici la fin de semaine.

Il faut savoir que le contexte budgétaire auquel la ville doit faire face est extrêmement contraint. Par ailleurs, le budget 2022 est bouclé et à ce stade chaque euro fléché vers les animateurs – quelle qu’en soit la légitimité – est un euro qu’il faudra retirer à un autre service à la population.

Je suis tout à fait disposée à poursuivre les échanges. J’insiste, la grève peut être levée et nous pouvons poursuivre le dialogue dès ce week-end, si les animateurs le souhaitent. Ma porte est grande ouverte et je suis joignable par téléphone.”

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