Malgré la Covid-19, une rentrée scolaire «la plus normale possible»

Dans les écoles, tous les adultes portent un masque dans les locaux et dans les espaces extérieurs. - Photo: Loïc Séron.

Retour sur les bancs de l’école pour 12,4 millions d’élèves dans toute la France, dont environ 3500 élèves dans les dix-neuf écoles maternelles et primaires de Saint-Étienne-du-Rouvray. Le port du masque était obligatoire pour tous les adultes, y compris aux abords de l’école.

«Maman ça sonne ! Il faut y aller !» Il est 8h20 ce mardi 1er septembre quand la sonnerie retentit dans l’enceinte du groupe scolaire Louis-Pergaud. Devant les grilles, Moussa est surexcité: il s’apprête à faire son entrée en moyenne section. «Il était un peu perdu au début, confie sa mère derrière son masque. Comme l’année dernière ne s’est pas terminée normalement, il pensait retrouver la même maîtresse. Je lui ai expliqué qu’il avait changé de niveau, qu’il aurait donc un autre maître ou maîtresse, mais aussi qu’il retrouverait bien tous ses copains.»
Pour Moussa et les quelque 3500 autres enfants inscrits dans les dix-neuf écoles maternelles et primaires de la Ville, la fin de l’année dernière s’était en effet brusquement interrompue à la mi-mars, du fait de la crise sanitaire. Au moment du déconfinement en mai, moins d’un enfant sur deux était ensuite revenu en classe pour terminer l’année. «C’est une rentrée très spéciale, on espère que l’école ne fermera pas…, commente la mère de Moussa. La Ville a tout mis en place pour que la rentrée se fasse, on n’est pas inquiet, mais on ne sait pas ce qui peut arriver.»

Devant les grilles de l’école primaire, la directrice alpague les familles : «Je rappelle que tous les parents doivent porter le masque autour et dans les écoles. Aujourd’hui, exceptionnellement, il est possible de rentrer pour accompagner vos enfants. Mais un seul parent est autorisé.» Surpris mais compréhensif, M. Delattre laisse sa femme et son fils entrer dans la cour. «C’est comme ça, commente-t-il. On va vite voir comment ça se passe, on n’est pas à l’abri d’une fermeture, on croise les doigts». Son fils entre en CM2. «C’est tout de même bien que la rentrée ait lieu. Il avait très envie de retourner en classe. Il en avait marre de rester seul à la maison avec ses parents.»

«Il faut rattraper le temps perdu»

À trois kilomètres de là, devant l’école élémentaire Paul-Langevin, Abdon Goma vient de déposer ses enfants qui entrent en CP et en CM2. «On a mis des masques dans leur cartable au cas où. Les enfants sont un peu inquiets à cause du virus, mais on leur a bien expliqué ce qu’ils devaient faire.» De son côté, madame Sautejeau, enseignante en classe de CP, promet qu’elle s’assurera que tout se passe pour le mieux. «On essaie d’aborder la rentrée de la façon la plus normale possible, explique-t-elle. Porter le masque, ce n’est pas un très grand plaisir, d’autant plus face à une classe de CP pour qui voir les expressions du visage est encore très important.» Même avec le protocole sanitaire, elle a tenu au maintien d’une réunion de rentrée en bonne et due forme pour sa classe, en présence des parents masqués. «C’est très important, ça leur permet de mieux s’investir au côté de leur(s) enfant(s) tout au long de l’année. L’enseignement à distance a de fait renforcé les inégalités sociales, il faut rattraper le temps perdu tout espérant que rien ne viendra nous perturber cette année.»

En plus d’appliquer le protocole sanitaire édité par la Ville, les établissements scolaires ont pris soin de réaménager les salles de classe pour y laisser plus d’espace. À l’école Wallon située dans le quartier du Château blanc, des plots sont également disposés dans la cour de récréation pour créer des zones distinctes entre les groupes d’enfants. À la récré de 10h, les enfants s’amusent comme si de rien n’était. Certains portent des masques même s’ils ne sont pas obligés. Ils font des grands gestes avec les mains pour se parler. «On n’a pas d’absents !, se réjouit le directeur M. Ederich, attaché à ce que ça dure et que la Covid-19 ne vienne pas perturber les semaines qui viennent. «En plus de faire cours les fenêtres ouvertes, jusqu’à ce que ce soit possible, on va décaler les rentrées du matin de quelques minutes par niveau. De quoi éviter les attroupements, comme ce fut le cas en ce premier jour de l’année scolaire qui —même si personne ne sait comment elle finira— a bien commencé. «Ça s’est bien passé, conclut M. Ederich. Le soleil nous a aidés!»

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