Un conseil offensif pour la défense du service public

Ce dernier conseil municipal avant les vacances d’été s’est déroulé sur un ton offensif. La défense de l’emploi et du service public a suscité la prise de parole de l’ensemble des groupes, avec pour point d’orgue un appel unanime à signer la pétition pour le Référendum d’initiative partagée (RIP) contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP).

Premier à prendre la parole, Philippe Brière, pour le groupe « Élu.e.s vraiment à gauche, soutenus par le NPA » s’est montré combatif :

« La grève qui s’étend aux urgences, celle annoncée par les pompiers tout l’été, les grèves des enseignants qui surveillent ou corrigent les examens, sont autant de preuves que la destruction avancée des services publics rencontre de plus en plus de résistance ».

Michelle Ernis, pour le groupe « Élue Droits de cité mouvement Ensemble », a rappelé que l’appel des élus à soutenir le RIP rendait les habitants « plus confiants ».

L’élue a par ailleurs pointé le mécontentement d’une partie des commerçants du marché de la Fraternité qui, mercredi 26 juin, jour de la livraison de la place réaménagée, avaient boycotté ce rendez-vous hebdomadaire. Elle a appelé « les services municipaux et les marchands à trouver collectivement une issue positive aux problèmes rencontrés mercredi ».

Léa Pawelski, pour le groupe « Élu.e.s socialistes écologistes pour le rassemblement », a quant à elle invité les Stéphanais à soutenir le RIP contre la privatisation d’ADP :

« Il n’est pas seulement question de s’opposer à cette privatisation mais plus largement de stopper les braderies de nos biens communs aux intérêts privés. Ce combat est l’occasion d’une convergence de nos luttes au sens large. »

David Fontaine, pour le groupe « Génération.s SER », a dénoncé « la déforestation du service public qui se poursuit aujourd’hui » et a pointé le malaise des personnels hospitaliers :

« Le service public est en crise, il est en train de mourir, il doit être sauvé ».

Daniel Vezie, pour le groupe « Élu.e.s communistes et républicains », a lui aussi appelé à signer pour le RIP.

Suspension de séance

Après ces prises de paroles politiques, le maire Joachim Moyse a suspendu la séance du conseil municipal afin de permettre aux représentants CGT des personnels municipaux de lire une déclaration. Ces derniers souhaitaient en effet s’élever contre la réforme territoriale et contre « la casse du service public ».

Ils estiment que la réforme en cours « va mener à un éloignement des agents du terrain. Les agents ne connaîtront plus leurs usagers, leur commune, et même le sens de leur travail. » Les représentants CGT ont ainsi rappelé que « détruire [le service public], c’est faire le choix d’une société individualiste pour faire des profits immédiats au bénéfice des plus riches. »

“Notre attachement au service public”

Le maire a ensuite repris la parole sur la nécessité « de saisir le RIP » et d’en faire « un symbole de notre attachement aux services publics » et de faire ainsi « opposition à cette grande braderie qui dépasse largement la question de la privatisation d’ADP. C’est pour cela qu’il faut se saisir démocratiquement du RIP. »

Le maire a ensuite proposé « un vœu » aux élu.e.s du conseil réaffirmant son soutien au RIP. Ce soutien se manifeste alors que, note le vœu, « aucune campagne publique d’information à destination des électeurs et électrices, ni de dispositif postal ou audiovisuel ne sont envisagés par le ministère de l’Intérieur ».

À ce sujet, le journal L’Humanité de ce jour (28 juin) révèle que le ministère de l’Intérieur qui a mis en œuvre l’outil internet du recueil de signatures en faveur du RIP avait notamment « neutralisé » la fonction permettant d’éviter que les erreurs d’accents et de majuscules ne bloquent la démarche.

Motion de soutien aux personnels hospitaliers et de Santé

Le conseil a également voté une motion afin d’« affirmer sa solidarité aux luttes du personnel hospitalier et [de] demande[r] que la réforme du système de santé prenne [notamment] en considération la lutte contre les « déserts médicaux » et la garantie d’une offre de proximité adaptée aux territoires ».

Nicole Auvray, conseillère déléguée à la santé, a rappelé que « jusque-là les déserts médicaux se situaient au niveau rural. On s’aperçoit depuis trois ans que le phénomène arrive en ville avec le phénomène de vieillissement des médecins généralistes non remplacés ». L’élue a en effet rappelé qu’avec 21 généralistes en 2017 et 17 en 2019, la commune risquait de se retrouver avec seulement 13 en 2021 si les médecins partant en retraite n’étaient pas remplacés.

La conseillère municipale a également pointé les délais d’attente « d’un an » pour les familles souhaitant avoir une consultation de pédopsychiatre en Centre médico-psychologique (CMP).

Modification de la carte scolaire

Parmi les 44 délibérations du conseil, il faut enfin noter un vote en faveur d’une modification de la carte scolaire dans le secteur Duruy-Curie. L’objet de cette modification est d’« éviter les classes surchargées à Curie et la fermeture programmée d’une classe à l’école Duruy ».

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