À la une | 16/02/2018

À qui profite Linky?

Dans son rapport annuel, la Cour des comptes épingle Enedis en pointant des défauts d’investissement et de pilotage du déploiement des compteurs Linky. Autant d’éléments qui confortent la Ville dans sa volonté de s’opposer à l’installation des compteurs nouvelle génération.

Le coup est dur pour Enedis. En pleine campagne de déploiement des compteurs Linky, la société qui gère le réseau de distribution de l’électricité sur l’ensemble du territoire français doit se confronter aux critiques et aux recommandations de la Cour des comptes. La juridiction financière en charge de veiller au bon emploi de l’argent public – sans remettre en cause la nécessité de moderniser le dispositif de comptage de l’électricité – pointe des défauts à la fois économiques et techniques.
Sur un plan économique d’abord, le rapport relève "un dispositif coûteux pour le consommateur mais avantageux pour Enedis". Dans les faits, pour le déploiement des compteurs, Enedis a profité d’une avance tarifaire jusqu’en 2021 de sorte que la phase d’installation ne se traduise pas par une augmentation immédiate de la facture pour les consommateurs. Mais ce différé tarifaire sera bien à la charge des consommateurs dès 2021. "Le taux d’intérêt de cette avance est de 4,6% et les intérêts s’élèvent à 785 M€ au total sur la période 2015-2030, soit en moyenne 49 M€ par an", indique le rapport de la Cour des comptes. À la fin, plus salée sera la note pour le consommateur tandis qu’Enedis bénéficiera à tous les coups de conditions de rémunération avantageuses!
Dans un autre registre, la Cour des comptes considère que si le dispositif Linky peut permettre à l’usager de connaître sa consommation détaillée, en revanche, "le compteur lui-même ne fournit par lecture directe que très peu d’informations". Et la juridiction financière de relever "un pilotage insuffisant par les pouvoirs publics" en particulier dans le champ de la protection des données personnelles avec la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). La Cour des comptes aspire à ce que le consommateur soit "mis davantage au centre du dispositif".
Autant de remarques et de propositions qui confortent les craintes de la Ville qui a pris en juin et en septembre 2017 deux arrêtés destinés à suspendre d’abord puis à interdire le déploiement des compteurs Linky. Témoignages d’habitants à l’appui, la Ville avait en effet pu prendre la mesure de l’agressivité de la démarche commerciale des prestataires privés alors que de nombreuses interrogations subsistaient… et qui semblent ne toujours pas avoir été levées. Dès lors, la Ville annonce qu’elle s’apprête "à défendre avec conviction son arrêté devant le tribunal administratif. Arrêtés dont la Préfecture de Seine-Maritime et Enedis demandent l’annulation".

Réactions

Par helene fosset | 19 février 2018 à 19:46

Bonjour,
Je vous remercie pour votre implication dans ce combat contre les capteurs communicants et souhaite vous informer que la cour des comptes n'a pas épinglé que le compteur Linky ... mais aussi la CNIL et le CSA;
La CNIL qui nous assure qu'il n'y a aucun problème avec l'utilisation de nos données ...
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/02/12/97002-20180212FILWWW00175-csa-cnilepingles-par-la-cour-des-comptes.php

Très cordialement
Hélène (membre de Stop Linky Finistère)

Picto commentaire ajouter un commentaire

Picto rss s'abonner à ce fil RSS