À la une | 4/04/2017

Les salariés de l'entreprise Cepic en grève

Pour les salariés de l'entreprise CEPIC, installée sur le site de la Vente Olivier et spécialisée dans la fabrication de pompes et de compresseurs: «trop c'est trop!»

À force de conditions de travail dégradées et de silence de la direction, l'activité de l'entreprise est à l'arrêt depuis lundi 03 avril. «Nos salaires sont gelés depuis 2000 et en même temps, nous encaissons des suppressions les unes après les autres. Suppression de la prime de fin d'année, suppression des tickets restaurant, suppression de la prime d'intéressement et de la prime de salissure et réduction de la prime d'assiduité… Ce qui représente en moyenne 200 euros en moins par mois. Et tout ça sans négociations», explique l'un des salariés. «Et quand on demande des choses, la direction nous fait du chantage en nous répondant que l'entreprise n'a pas les moyens sinon elle ferme.»
Dans le même temps, de nombreux salariés dénoncent des conditions de travail «à la limite des règles de sécurité». «Certains n'ont même pas de bleu de travail et d'autres n'ont pas d'équipement individuel de protection adapté à leur poste sachant que nous manipulons quand même des produits chimiques potentiellement dangereux pour la santé», renchérit l'un d'eux.
De son côté Joël Roger, le directeur général de l'entreprise, réagit point par point en invoquant d'abord "des retards accumulés par rapport au carnet de commande et un manque de productivité." Joël Roger ne cache pas des problèmes de trésorerie. "Suite à notre déménagement à Saint-Étienne-du-Rouvray associé à de lourds investissements, nous avons accumulé entre 2014 et 2015, plus d'un million de déficit." Un contexte qui n'aurait pourtant pas empêché une augmentation des salaires de 1,5 à 2% dès 2015. "Non, les salaires ne sont pas gelés", insiste Joël Roger. Dans un même esprit, le directeur général de Cepic conteste les propos des salariés grévistes qui parlent de "suppression de la prime annuelle". "Il s'agit d'un réajustement assujetti à la situation difficile que connaît l'entreprise. La prime est versée quand on a les moyens de le faire". À l'appui de cette déclaration, Joël Roger souligne qu'"il n'y a pas eu de dividendes versés aux actionnaires depuis cinq ans." Enfin, toujours sur le front de l'emploi, Joël Roger indique que "quatre personnes ont été embauchées entre 2014 et 2017." Un signal envoyé selon lui à tous les salariés et qui démontre la volonté de la direction de s'engager en faveur du développement de l'activité de l'entreprise Cepic pour la préserver et la faire évoluer dans un marché de niche porteur.

Picto commentaire ajouter un commentaire

Picto rss s'abonner à ce fil RSS