À la une | 31/01/2019

L'ACSH crie assez !

Les adhérents de l'Association du centre social de La Houssière (ACSH) se mobilisent pour leur association que les récentes baisses de financement ont mise à mal. Ils rejoignent le mouvement social…

Ils ont prévu de défiler le 5 février aux côtés des syndicats, à Rouen. Mais derrière leur propre banderole, celle de l'Association du centre social de La Houssière (ACSH). « Je ne vous demande pas de mettre votre gilet jaune, leur avait lancé Emmanuel Sannier le 28 janvier, le directeur de l'ACSH, mais je voudrais qu'on défile derrière une bannière commune pour marquer notre attachement à cette association qui vous amène quelque chose en plus. Sans l'ACSH, il n'y aurait plus de lieu pour se rencontrer dans le quartier, pour faire des activités ensemble, pour nous entraider dans nos vies de tous les jours. »
Marqueur effaçable en main, Emmanuel Sannier trace au tableau blanc les chiffres de la colère : « En 2011, la Caf nous versait 95 000 €. En 2018, elle ne nous versait plus que 32 000 €. En 2011, nos aides à l'emploi étaient de 70 000 €. En 2018, elles n'étaient plus que de 17 000 €. Pourtant, notre budget est resté le même, à 400 000 €. On a réussi à combler le trou avec vos sous parce que vous êtes de plus en plus nombreux à adhérer. On l'a aussi comblé en économisant sur tout et parce que les salariés n'ont pas compté leur temps. Mais la situation est devenue critique, si on ne fait rien, on pourra encore naviguer pendant deux ou trois ans. Et après, on devra fermer. »

Manifester pour la première fois
Marie-Claude, Fatima, Lionel et la quarantaine d'adhérents (sur 1200) entassés dans la petite salle ce 28 janvier tiennent à leur association. Certains iront manifester pour la première fois. « Non, je ne crois pas qu'il n'y ait plus d'argent, dit Claude. On le donne en priorité à ceux qui en ont déjà plein les poches. » Pour le directeur de l'ACSH, cette pénurie d'argent* reste une question de choix politiques du gouvernement. « Le budget de la Caf 76 n'est pas à la baisse, explique-t-il, mais le nombre d'allocataires a augmenté, rognant du coup sur le financement des centres sociaux. Ne pouvant plus financer nos projets, la Caf demande qu'ils soient “innovants” pour débloquer des fonds. Mais c'est quoi un projet innovant dans le social ? On n'est pas des start-up ! »
Pour Emmanuel Sannier, cette accélération des baisses de financement est une conséquence des annonces du Chef de l'État, le 10 décembre : « L'augmentation de la prime d'activité et du nombre d'allocataires est une bonne chose. Sauf que les Caf n'ont pas vu leurs budgets augmenter en conséquence. Et c'est autant d'argent en moins pour les centres sociaux… » Les 2,5 Md€ supplémentaires reversés à cinq millions de bénéficiaires via la prime d'activité sont donc directement pris dans leurs poches… Et ils s'en sont rendu compte.
* La Ville a fait des efforts significatifs pour soutenir l'association, lire Le Stéphanais n°238.

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