À la une | 27/03/2019

Madrillet : le renouvellement, c'est maintenant

En soixante-dix ans, le plateau du Madrillet n'a jamais fini de se réinventer en termes d'offres d'habitat, de services, de commerces et d'espaces publics. Le nouveau chapitre de cette histoire est en train de s'écrire dans le cadre d'un programme de renouvellement urbain qui débute en 2019.

Le Château blanc entre dans une phase de mutation. Le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) mis en œuvre dans ce quartier de Saint-Étienne-du-Rouvray s'inscrit avant tout dans une volonté d'améliorer le cadre de vie de tous les habitants. Les travaux qui s'engagent pour au moins cinq ans viendront compléter un long processus d'évolution au cours duquel le Château blanc n'a eu cesse de s'adapter aux usages et aux besoins de celles et ceux qui le font exister.

30 ans de la politique de la ville
À chaque génération selon ses solutions pour une offre adaptée de logements, de services, de commerces et d'espaces publics. Un coup d'œil dans le rétroviseur permet de mesurer la distance parcourue alors qu'en 1959 débutait la construction de la cité du Château blanc. La priorité était alors de répondre à une demande importante de logements. Dans les faits, l'offre sera à la mesure de l'attente avec 3 000 logements regroupés dans trois grands ensembles en forme d'œufs. Directement inspiré de la charte d'Athènes, ce schéma d'aménagement fonctionnait suivant sur un principe de « zonage ». Un espace pour travailler, un espace pour se détendre, un autre pour circuler et un autre encore pour habiter. « L'idée s'impose sur un terrain vierge. Un projet qui avait été décrété et qui ne venait pas des habitants. Une pensée limitée au cadre d'un œuf, une pensée de l'enclavement où le périphérique qui entourait les blocs d'immeuble fonctionnait un peu comme les douves d'une forteresse », explique Isabelle Valtier, directrice adjointe du Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement de Seine-Maritime (CAUE 76). À ce rythme, entre 1954 et 1965, la population stéphanaise passe de 15 000 à 30 000 habitants.
Au fil du temps, ce modèle hyper théorique et technique est devenu de moins en moins lisible et incompatible en particulier avec l'augmentation du nombre de voitures par foyer. « Il fallait casser l'image de ces grands ensembles, retranchés du reste de la ville, proposer de nouvelles connexions, réduire la densité des logements avec des logements individuels ou collectifs de taille réduite, créer de nouveaux quartiers », indique Corinne Colonnier, responsable de la prospective urbaine et conduite d'opérations.
Entre 1989 et 2012, les opérations de renouvellement urbain se sont succédé durant lesquelles un millier de logements ont été concernés par des démolitions et des reconstructions. Ces programmes successifs ont contribué à reconfigurer l'habitat mais aussi les déplacements au sein d'un espace qui constitue le centre-ville du plateau du Madrillet.

Faire Avec
« Aujourd'hui, il faut faire avec ce passé et 30 ans de politique de la Ville, souligne Isabelle Valtier. Il faut faire avec les tissus existants : le tissu social, le tissu associatif, le tissu urbain, le tissu commercial, le tissu économique et le tissu des transports. Tous ces éléments participent à créer des liens. Il s'agit de recréer des cheminements piétons, de retisser du paysage... Créer une identité sans décalquer des concepts tout faits mais en intégrant les spécificités propres à la commune et au quartier. »
Sur la méthode, entre 2017 et 2018, un diagnostic partagé a été posé avec les habitants, les usagers, les commerçants et les services publics municipaux. Les objectifs jusqu'en 2024 sont désormais de renforcer l'attractivité du quartier, d'ouvrir le Château blanc sur l'extérieur, assurer une plus grande mixité sociale et améliorer le cadre de vie. Un principe demeure. « Il faut prendre en compte la question de l'attrait. Si le quartier ne donne pas envie d'y vivre, ça ne peut pas fonctionner, insiste Isabelle Valtier. Il faut que la ville soit désirable pour tous de sorte que l'arrivée d'une nouvelle population ne risque pas d'éliminer la précédente. »

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