Devoir de mémoire – biographie d’Henri BRIÈRE

Fiche d’identité

Naissance : 8 septembre 1888 Saint-Eustache-la-Forêt (76)
Disparition : 18 mai 1915 (26 ans), Niederzwehren (Allemagne)
Profession : tisserand, puis employé aux chemins de fer
Grade : caporal, 24e Régiment d’Infanterie, classe 1908
Campagne contre l’Allemagne : du 3 août 1914 au 18 mai 1915 (9 mois).

À quoi ressemblait-il ?

Henri Brière mesurait 1m65. Il avait le crâne rasé et les yeux bleus.
Il savait lire et écrire, mais n’avait probablement jamais terminé son cursus scolaire.
Il était marié avec Eugénie Gallet et vivait rue de l’Industrie, dans la Cité Dubois, à Saint-Étienne-du-Rouvray.

Biographie

Henri Marcel Théodore Brière naît le 8 septembre 1888 à Saint-Eustachela-Forêt (76), dans une famille d’ouvriers textiles dont il est le premier fils. Il passe son enfance dans la commune, où naissent deux petites sœurs, Léontine (en 1892) et Marie (en 1898). Au début des années 1900, la famille emménage à Saint-Étienne-du-Rouvray, où les parents sont probablement employés à la Cotonnière, la grande filature de la ville. En 1909, âgé de 21 ans, le jeune homme se présente aux bureaux de l’Armée pour effectuer son service militaire obligatoire. Il est affecté au 24e R.I. (Régiment d’Infanterie). À l’occasion, une fiche de renseignements est établie, qui nous apprend qu’Henri Brière est devenu tisserand et qu’il vit avec ses parents rue de l’Industrie, à Saint-Étienne-du-Rouvray.

Durant cette période, il fait ses preuves et est promu caporal. En 1911, le stéphanais retourne à la vie civile. Il rejoint son père, désormais veuf, et devient employé aux chemins de fer. En avril 1914, alors que les tensions montent en Europe, Henri Brière épouse Eugénie Gallet, dans la mairie de Saint-Étienne-du-Rouvray.

Lorsque la guerre éclate, en août 1914, le jeune homme est immédiatement mobilisé au sein du 24e R.I. Il laisse sa femme, Eugénie, enceinte de quelques mois. Le régiment est immédiatement envoyé vers la Belgique, envahie par l’Allemagne. Henri Brière affronte pour la première fois les troupes allemandes à la fin du mois, à Charleroi. Les combats du 22 août 1914 sont si violents que le 24e R.I. compte plus de 900 soldats tués ou blessés. S’ensuivent la retraite et la victorieuse bataille de la Marne. À une date impossible à identifier, au vu des archives disponibles, le jeune homme est fait prisonnier et envoyé en Allemagne. Une notification erronée dans les archives stéphanaises mentionne un prisonnier du nom de Brière interné au camp de Golzern (en Saxe). Peut-être s’agit-il de Henri Brière, mais un doute subsiste. Il est en revanche certain qu’il se trouve, en 1915, au camp de Niederzwehren (au sud de Hanovre). Deux épidémies de typhus exanthémique particulièrement meurtrières y ont lieu dans les premiers mois de l’année. Henri Brière tombe malade et succombe le 18 mai 1915, à l’âge de 26 ans, loin de sa famille.

Que deviennent ses proches ?

Eugénie Gallet obtient peut-être des nouvelles de son mari durant la captivité de ce dernier, car la Croix-Rouge s’occupe de faire le lien entre les prisonniers et leurs familles. Le 6 février 1915, la jeune femme donne naissance à une petite fille, Marcelle. En l’absence de Henri Brière, ce sont les deux grands-pères qui s’occupent de faire la déclaration auprès de l’état civil. La fillette, orpheline au bout de quelques mois, sera adoptée comme pupille de la Nation le 9 juin 1925, à l’âge de 10 ans. Eugénie Gallet, quant à elle n’apprend officiellement le décès de son époux qu’en février 1916…


Sources : fiche matricule, acte de naissance et de décès, registre d’état civil de Saint-Eustache-la-Forêt, Bolbec et Saint-Étienne-du-Rouvray, listes électorales et liste des prisonniers de guerre de Saint-Étienne-du-Rouvray, fiche MdH, Livre d’Or, Historique du 24e R.I.
Auteurs : Ariane Biard, professeure d’Histoire-Géographie et Amayas TALEB, 3eC, collège Paul Eluard, 2026.