Après avoir beaucoup voyagé et côtoyé la guerre, l’intolérance religieuse et l’esclavage – entre autres horreurs dont seul l’Homme est capable –, Candide rentre chez lui et conclut : « Il faut cultiver notre jardin ». Ça ne se passe pas en 2026 devant les chaînes d’info, mais au milieu du XVIIIe siècle dans le roman philosophique Candide de Voltaire.
La phrase culte de Candide peut se comprendre de diverses façons, mais déjà au premier degré : cultiver son (ou un) jardin, c’est bien. Pour prendre l’air, se vider la tête, apprendre à faire pousser, comprendre et apprécier la nature, découvrir la patience, partager des moments et une récolte avec les autres…
Nous sommes allés à la rencontre de quelques jardiniers stéphanais, petits et grands…
Aujourd’hui, focus sur le jardin partagé géré par la CSF au Château blanc, qui réunit des générations.
Au Jardin des rêves fleuris, qui fête ses 5 ans cette année, place des Pyrénées au Château blanc il y a des choses qui ne changent pas. Comme les pieds de rhubarbe de Vincent. Et d’autres qui changent, chaque année en mieux. Après la tempête de juin 2025 qui avait fait des dégâts sur le jardin, l’équipe constituée autour de la CSF (Confédération syndicale des familles) a tout reconstruit. Et, en ce début de printemps, il faut faire repartir le jardin. Gros chantier du moment : finir la construction et l’installation d’une dizaine de grands bacs en bois. La Ville a donné de la bonne terre argileuse pour les bacs, dans laquelle les betteraves, pommes de terre, radis, salades et oignons vont prendre plaisir à pousser. Fabriqués par des habitants du quartier avec un apprenti-menuisier et des bénévoles de la CSF, les bacs sont peints par les enfants de l’école Henri-Wallon, avec une peinture naturelle à base d’huile de lin, dont Ahlem de la CSF a la recette. « Ensuite, les enfants vont aussi planter. Chaque classe de l’école aura un bac attribué, les enfants savent ce qu’ils plantent et on récoltera fin juin pour faire un atelier cuisine. Chaque bac est sous la responsabilité d’un enfant du quartier, qui peut arroser, passer le week-end, surveiller que tout va bien… Il y a un enfant, quand il était petit, il était connu pour arracher les plantations dans le jardin, il ne comprenait pas. Et maintenant c’est lui le gardien ! », expliquent Ahlem et Malika, la coordinatrice du jardin. L’histoire illustre un des rôles du jardin : cultiver et faire pousser, c’est grandir. En plus des écoliers de Wallon, de plus en plus de jeunes du quartier se prennent de passion pour le jardin et participent.