« Hors champs » : les photos non publiées du Stéphanais d’avril 2026

Dans « Hors champs », les photographes indépendants sollicités par la Ville pour ces reportages quotidiens sélectionnent une photo non-publiée et la commentent. Un exercice atypique qui permet d’offrir un autre regard sur l’actualité stéphanaise.

Le 4 avril, direction le Parc du Champ des Bruyères pour l’événement « les 4 saisons du Parc ». Il fait beau et les festivités se présentent bien. « Des professionnels de la terre » sont présents et le public en nombre. Je m’y rends pour couvrir l’événement et réaliser la couverture du Stéphanais « La vie en vert ». Le défi: réaliser une photo d’illustration qui montre un espace végétalisé sans mettre un unique sujet en avant.

Ce jour-là, j’ai justement d’autres reportages à couvrir et je fais des allers-retours. En cette fin d’après-midi, je retourne au parc pour y faire un dernier tour, ça sent la fin de journée pour tous, le ciel se voile et le printemps n’a pas encore opéré la mue du parc encore bien nu. Je suis au ras du sol, en me retournant j’ai « la photo », tout est en place: la couleur, une composition simple qui s’adaptera à la mise en page… Ce sera la dernière photo de la journée.

Guillaume Painchault

Des centaines d’enfants dans la salle, plus de 40 élèves passés sur scène : c’est le concours d’éloquence de l’école Langevin. J’allume toutes les lumières de la salle lorsque les enfants commencent à défiler sur scène. Un professeur éteint toutes les lumières pour créer une atmosphère de spectacle. Seule reste allumée la lumière qui éclaire le mur du fond. Sortir le flash casserait l’ambiance et ma discrétion légendaire.

Durant une heure, je cherche les enfants qui présentent un profil éclairé ou encore un visage faiblement éclairé par la réflexion d’une feuille de papier. Je ne retiendrais pas cette photo, elle illustre la limite de l’adaptation du photographe dans certaines situations.

Guillaume Painchault

Quand on travaille dans l’espace public, il est de plus en plus fréquent de se faire apostropher sur la question du droit à l’image. Lors de la foire à tout de l’ACSH, cela m’est arrivé trois fois, dont ce monsieur avec qui j’ai eu l’échange le plus sympathique et constructif, j’en profite d’ailleurs pour le remercier.

Dans un contexte d’actualité, le droit d’informer prévaut sur le droit à l’image. Et pour ne pas dénaturer la réalité, et éviter des attitudes figées, on privilégie le « sur le vif » sans prévenir les personnes avant de déclencher. Mais on en parle souvent après la prise de vues, en précisant le cadre de la diffusion.

Jean-Pierre Sageot

En reportage, le « minimum syndical « est de ramener des photos répondant au QQOQCP (Qui, quoi, où, quand, comment et pourquoi), autrement appelé 5 W (who, where, when, why, what). L’idéal étant de synthétiser tout ça en une photo.

Sur ce sujet en page 7, la photo choisie par la rédaction répond en partie aux 5 W. Celle que je vous propose ici y répond moins mais elle synthétise à mes yeux le but des Rendez Vous de l’Emploi mise en place par la Mief (Maison de l’information pour l’emploi et la formation) : la possibilité d’un avenir meilleur, en tout cas moins précaire.

Et vous ? Vous auriez fait quel choix ?

Jean-Pierre Sageot

J’apprends en arrivant que cette sensibilisation aux accidents domestiques est menée par deux professionnels de santé ne pouvant pas être photographiés (car cela pourrait être assimilé à une publicité, interdite dans le domaine).

Dès lors il devient difficile de faire des photos signifiantes, car si la personne que tout le monde regarde ne peut pas apparaître sur l’image, on ne comprend pas bien ce qu’il se passe, comme sur cette photo.

Heureusement l’animateur a fait intervenir des visiteurs, le sujet s’est donc décalé, et j’ai pu « shooter ».

Loïc Seron

Être photographe indépendant, c’est aussi savoir jongler avec l’agenda! Ce jour-là, le hasard de l’enchaînement de mes engagements a fait que je suis arrivé à la fête du printemps de l’ACSH après la séance participative de greffes sur les arbres fruitiers, que j’aurais tant voulu photographier.

J’ai pu faire des images dans l’espace de la Ludothèque où les enfants et leurs familles continuaient de s’ébattre, mais, au fond du parc, je n’ai pu que photographier les arbres greffés dans le verger vide d’habitants. Jonglage raté!

Loïc Seron

Le Stéphanais n°338, du 23 avril au 28 mai 2026