« Hors champs » : les photos non publiées du Stéphanais de l’été 2026

Dans « Hors champs », les photographes indépendants sollicités par la Ville pour ses reportages quotidiens sélectionnent une photo non publiée et la commentent. Un exercice atypique qui permet d’offrir un autre regard sur l’actualité stéphanaise.

 

J’y serai dès 6 h pour observer les services techniques déjà à l’œuvre depuis un moment. Et je découvre l’attention portée aux préparatifs. Une petite pluie se profile, ils sortent une bâche pour protéger les chaises. Bâche blanche, comme un écran de cinéma, tee-shirt noir : en adepte de la photo noir et blanc, je ne résiste pas au plaisir de déclencher. Je retrouve les mêmes 7h plus tard pour faire place nette.

Guillaume Painchault

L’événement est exceptionnel. Pour l’occasion, le service communication envoie sur le terrain deux photographes, j’y retrouve Jean-Pierre, bien connu des Stéphanais. Petit clin d’œil au dernier hors-champ où il est question de « champ-contrechamps ». Un événement comme celui-ci, avec des personnalités de tous les horizons, se fait avec un service de sécurité qui réduit drastiquement vos possibilités de déplacement. Mais avec deux paires d’yeux et quatre jambes, nous couvrons l’événement de toute part.

Guillaume Painchault

Sur des événements où se trouvent des ministres, les photographes se retrouvent souvent confrontés à la mise en place d’un “pool”, qui regroupe en général un JRI (journaliste reporter d’images) d’une chaine télé nationale, un photographe d’agence et un photographe local. Le pool permet aux services communications ministériels de n’avoir que peu de journalistes à « gérer », les autres étant parqués sur les extérieurs de l’évènement. Le pool prévoit seulement quelques angles de prises de vues standards et formatés pour contrôler nos images, ce qui génère un jeu du chat et de la souris entre les communicants qui nous cadrent et nous, à la recherche d’axes différents.

Jean-Pierre Sageot

Chaque photographe a ses marottes, dogmes et obsessions. Personnellement j’ai du mal à supporter que l’on recadre mes photos, a minima cela déstabilise les compositions, dans le pire des cas le sens peut en être détourné .

Mais découvrir cette photo à l’envers en ouverture du dossier page 11 m’a procuré une grande joie.

C’est important dans nos métiers de tenter de se surprendre, nous, et nos commanditaires.

C’est un vrai ravissement quand un partenaire fait de même pour vous.

Jean-Pierre Sageot

Cette photo, une des premières de la série amenant à la photo de la page 3 est née d’une blague. J’étais en reportage sur un cours de basket quand Stéphane Deschamps, journaliste au Stéphanais m’appelle pour me commander un reportage sur l’éclipse partielle du 12 août à livrer le soir même, en me taquinant un peu sur l’impératif de livraison rapide. J’accepte et continue à travailler sous un soleil de plomb quand me vient l’idée de faire une photo d’éclipse que je pourrais lui envoyer de suite, 12 jours avant sa deadline. Je ne sais pas si c’est si drôle que ça, mais cela m’a permis de faire 2 ou 3 bonnes photos, l’essentiel est là.

Jean-Pierre Sageot

(On retrouve Loïc Seron, troisième photographe de la Ville, dans le prochain “Hors-champs”.)