“Tout le monde a besoin d’être écouté”. Au sein de l’Aspic, Flora Lévy est « psychologue de rue », c’est-à-dire que les jeunes Stéphanaises et Stéphanais des quartiers prioritaires (QPV) peuvent la consulter gratuitement.
Quelle est la différence entre un psy de rue et un psy classique ?
En plus du fait que les consultations sont gratuites, je m’adapte le plus possible aux besoins et aux possibilités des jeunes. J’essaie d’aller là où ils sont pour discuter, faire tomber les barrières, les idées reçues et leur faciliter l’accès à un accompagnement. Souvent quand je me présente et que je dis que je suis psy, on me répond : « Ah, ce n’est pas pour moi, je ne suis pas fou ! », puis on me pose plein de questions. Les gens sont curieux, ça permet d’engager la discussion et de détricoter ensemble l’intérêt d’aller voir un ou une psy.
Et donc à quoi ça sert d’aller voir un psy ?
Venir voir un ou une psy, c’est entrer dans un espace rien qu’à soi, à sa disposition, à son écoute, sans les pressions que la société fait peser sur les épaules de chacun. Par exemple, on n’est pas là pour dire quoi faire aux jeunes. On est juste là pour que les jeunes puissent enfin s’exprimer. Quand on ne s’exprime pas sur la vie, elle s’exprime à travers le corps, à travers nos actions et parfois à travers la violence. S’exprimer, c’est reprendre le contrôle sur son histoire, redevenir acteur, se redonner des perspectives avec lesquelles on se plaît.
Pourquoi vous adressez-vous aux jeunes Stéphanais en particulier ?
Que ce soit les jeunes Stéphanais, les jeunes de Rouen ou ceux de Mont-Saint-Aignan, tout le monde a besoin d’être écouté. Mais dans les quartiers prioritaires il y a des difficultés socio-économiques qui s’ajoutent. Il n’y a pas la même égalité d’accès aux droits ou aux soins, il y a un contexte de vie qui ajoute des vulnérabilités. Que les jeunes puissent consulter une psy gratuitement et de manière facilitée, sans avoir à entreprendre une démarche ou une demande de prise en charge, c’est un moyen de rééquilibrer la balance.