Cendrillon au pied des immeubles

Le spectacle Cendrillon, écrit par Joël Pommerat et mis en scène par Camille de La Guillonnière, aborde la question du deuil avec drôlerie et autodérision. La représentation sera suivie d’un pique-nique avec les comédiens (photo Yann Mambert)

Cendrillon, la pièce de Joël Pommerat, sera jouée place Jean-Prévost le 12 septembre, avec la complicité du Rive Gauche. Une réécriture drôle et folle du conte à la pantoufle de verre.

Dans le conte de Perrault, Cendrillon a bien des malheurs. Renommée Sandra par l’auteur de théâtre Joël Pommerat, la petite en a tout autant, des malheurs. Mais on rigole bien plus que chez Perrault. Même si Sandra aurait elle aussi bien des raisons de se poudrer les fesses de cendres (chez Perrault, elle est surnommée Culcendron). « C’est un thème extrêmement triste sur le papier, reconnaît Camille de La Guillonnière, le metteur en scène. C’est triste comme une enfant qui doit gérer la mort de sa mère, mais Pommerat sait utiliser ça avec un humour formidable qui lui permet de dénoncer plein de choses de notre société, comme le refus de vieillir. Il a une manière de parler de sujets forts avec beaucoup l’autodérision et d’énergie. » Autant de qualités de premier plan quand on joue à l’extérieur… Surtout si le temps est maussade. Mais quand on s’appelle la compagnie « Le Temps est Incertain mais on joue quand même ! », eh bien, on n’est pas en sucre…

Spectacle et pique-nique

Ce Cendrillon-là, drôle et décalé, est donc ici réécrit par le même Pommerat que le jeune public stéphanais a pu applaudir au Rive Gauche en février 2018 avec un autre conte revisité (Le Petit Chaperon rouge). Mis en scène par Camille de La Guillonnière sur le mode tout terrain, Cendrillon-Sandra renoue avec la tradition du théâtre de tréteaux qui allait, jadis, de ville en ville, loin des scènes fermées et de leur infranchissable « quatrième mur ». « Dans nos spectacles, il n’y a jamais de quatrième mur, il y a toujours un dialogue frontal avec le public. Du coup, ce qui est un inconvénient dans une salle devient un gros avantage en extérieur. Un oiseau, le klaxon d’un camion, les cloches d’une église, on arrive à les intégrer dans le spectacle, ce qui le rend encore plus vivant. Les acteurs sont très au présent avec ce qui se passe autour d’eux. » Preuve supplémentaire de ces murs qui tombent: à l’issue du spectacle, les spectateurs sont invités à partager un grand pique-nique avec les comédiens… Et pas dans les cendres.

Cendrillon, jeudi 12 septembre, place Jean-Prévost, 18 h 30. Gratuit.
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