Joyau de la collection Elsa Triolet, la parure Aspirine va passer l’année à Londres, pour une prestigieuse exposition au Victoria & Albert Museum.
Aujourd’hui, on pourrait dire qu’il ressemble à un coller de bonbons pour enfant trop gâté. Des Mentos, pour être précis. À l’époque de sa création, autour de 1930, ce bijou fut baptisé, non sans une pointe d’humour surréaliste, « Aspirine ». Parce que la forme de ses perles évoquait les cachets du médicament miracle. Ce collier, assorti d’un bracelet, est l’œuvre d’Elsa Triolet. La parure fait partie de la fameuse collection offerte par Louis Aragon à la Ville de Saint-Étienne-du-Rouvray en 1981 et dont une partie est exposée en permanence dans ce bel écrin de la médiathèque Elsa-Triolet. Aspirine est même le joyau de la collection, la star. C’est un « bijou fantaisie » en perles de verre et strass, un « joyau fait de rien » comme l’écrivit Louis Aragon dans un poème.
Un « joyau fait de rien »
Sa conception est raffinée et son histoire assurément plus précieuse que ses perles. Il fut commandé à Elsa Triolet par une autre Elsa, la Coco Chanel italienne Elsa Schiaparelli. Il a été photographié par l’artiste Man Ray. Son succès fut tel qu’Elsa Triolet eut bien du mal à en fabriquer une série pour Elsa Schiaparelli dans les temps impartis. Depuis le don à la Ville il y a 45 ans, Aspirine a été exposé à de nombreuses reprises avec d’autres bijoux de la collection : à Saint-Étienne-du-Rouvray et dans la région, mais aussi à Paris (au musée de la Mode) et en Belgique. Et aujourd’hui, la parure Aspirine part vers le prestigieux Victoria & Albert Museum de Londres, pour Fashion becomes art, la première exposition anglaise consacrée à Elsa Schiaparelli. Retour au bercail stéphanais en fin d’année 2026.