Contre les trains sans contrôleurs dans la région

Photo Jean-Pierre Sageot

La SNCF prévoit de supprimer toute présence de contrôleurs à bord de certains TER normands d’ici mi-décembre. Cheminots, associations de voyageurs et élus seinomarins se mobilisent pour dénoncer une attaque du service public. Une pétition a été lancée.

À bord des trains, les contrôleurs ne vérifient pas seulement la validité des billets. « Ils ont une mission d’information, de sécurité des trains et de sûreté des voyageurs », rappelle Jean-Louis Dalibert, président de SOS Gares. Cette association d’usagers du rail de Seine-Maritime se mobilise aux côtés de cinq syndicats de cheminots et de plu-sieurs élus normands pour obtenir l’abandon du projet avancé par la direction de la SNCF : la suppression, dès mi-décembre, des contrôleurs sur les lignes TER Rouen-Le Havre et Rouen-Dieppe.
Déjà en place sur plusieurs lignes régionales*, cette mesure se ferait au nom de la « lutte anti-fraude ». « D’après la SNCF, les contrôles volants sont plus efficaces que la présence des contrôleurs », décrypte le président de SOS Gares. Pour les syndicats de cheminots, il s’agit surtout d’un « projet funeste » qui va « à contresens d’un service public ferroviaire de qualité ». Vingt-cinq emplois directs seraient menacés de suppression. « La direction de la SNCF cache mal sa volonté de réaliser des économies sur des frais de fonctionnement, derrière une prétendue amélioration de la qualité de service et de la lutte anti-fraude non démontrée », dénonce le député Hubert Wulfranc dans un courrier adressé au directeur de SNCF Normandie voyageurs.

Possible préavis de grève

Dans une lettre du 25 octobre, le maire et conseiller départemental Joachim Moyse ainsi que la première adjointe, Anne- Émilie Ravache, ont interpellé le président du conseil régional Hervé Morin. C’est en effet la Région Normandie qui est en mesure d’agir sur le dossier, en tant qu’autorité organisatrice du réseau. « Le simple fait de savoir pour les usagers que seul le conducteur est présent à bord est facteur d’anxiété et d’insécurité. […] Comment, en cas d’accident ou de déclenchement du signal d’alarme, la situation de crise pourrait être gérée par le seul conducteur ? » Début novembre, la Région n’avait apporté aucune réponse.

La SNCF, elle, a enfoncé le clou lors d’un rassemblement de 200 cheminots le 28 octobre dernier. « La direction a annoncé qu’elle maintiendrait son projet, sans cacher d’ailleurs que c’est une politique globale à terme pour l’ensemble des lignes, explique Christophe Callay, secrétaire régional de la CGT cheminots en Normandie. On ne va pas en rester là. On n’en démordra pas, c’est une attaque claire du service public. » Le syndicat évoque un possible préavis de grève dans les semaines à venir.

Une pétition en ligne

Dans l’attente, cheminots et associations continuent de diffuser une pétition « contre la déshumanisation des gares et des trains » auprès des usagers des lignes concernées. Plus de 3 500 signatures ont déjà été rassemblées. La pétition est accessible en ligne : https://chng.it/2hkhKHPRYG.

* Depuis 2018 sur les lignes Le Havre-Fécamp, Yvetot-Rouen, Le Havre-Rolleville et Lisieux-Deauville.

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