“Hors champs” : les photos non publiées du “Stéphanais” de septembre 2026

Dans “Hors champs”, les photographes indépendants sollicités par la Ville pour ses reportages quotidiens sélectionnent une ou des photos non publiées et la commentent. Un exercice atypique qui permet d’offrir un autre regard sur l’actualité stéphanaise.

Dès que j’ai vu la posture de la cuisinière, ses épaules légèrement décalées, l’angle entre ses vertèbres cervicales et dorsales, cette silhouette se détachant de l’arrière plan vaporeux, j’ai immédiatement pensé à une peinture célèbre de la Renaissance dans une cuisine. Pourtant le contexte est très différent de l’ambiance d’une cuisine du XVIe siècle… Manifestement les réminiscences ne s’expliquent pas. J’ai beaucoup tenté autour de cette scène, pour finir par jouer aussi avec la fenêtre carrée en arrière-plan.

Jean-Pierre Sageot

Ce mercredi 9 septembre, c’est la rentrée pour les classes de musique du conservatoire. Il n’y a pas grand-monde pour découvrir les classes de contrebasse, trombone, viole de gambe, guitare et clavecin. Une petite fille se prête bien au jeu, et avec l’accord de son papa, je la suis de classe en classe. Un instrument de musique est toujours un bel objet, le clavecin en particulier. Comment résister à ses lignes qui forment un triangle et aux courbes qui dirigent l’œil vers les sujets. Un petit détail encore : c’est quasi de la trichromie : du jaune, du noir et du blanc. Mais quelle harmonie!

Guillaume Painchault

En reportage à la cuisine centrale pour le dossier du Stéphanais n°342, je suis frappé par l’intensité de l’ambiance, où chaque minute et degré Celsius comptent. Cela m’a rappelé un de mes premiers longs sujets sur les urgences hospitalières (“Vies en urgences”, aux éditions de l’Encre vive, séquence auto promo). Cette photo n’a pas trouvé sa place dans le dossier, mais j’adore la tension que l’on sent dans le regard de Mickael, chauffeur livreur.

Jean-Pierre Sageot

Dans l’article du Stéphanais qui relate la journée des associations, il est question du soleil radieux qui, le 5 septembre, a fait venir le public… Mais savez-vous que les photographes peuvent redouter ce genre de condition météo? On nous dit souvent « il fait beau, tu vas pouvoir faire de belles photos! » mais la réalité est que la lumière est parfois très dure, et très difficile à maîtriser. La séance photo peut tourner au calvaire! Il faut, par la suite, dans la lumière tamisée du bureau, travailler longuement les photos sur un écran calibré afin de pouvoir livrer des images équilibrées et propices à la publication.

Loïc Seron

De passage à la journée des associations avant d’aller sur un reportage, on me demande de faire une photo du club de hand. Je sais que c’est Loïc Seron qui était en commande là-dessus, mais qu’il a déjà “fait le tour” et n’est plus sur le site. Je fais quelques photos et lui envoie en lui expliquant le “pourquoi du comment”.
C’est ça aussi de collaborer avec Le Stéphanais : trois photographes indépendants qui œuvrent
en équipe, en s’épaulant sans se “tirer la bourre”; c’est assez rare pour être souligné.

Jean-Pierre Sageot

C’est la rentrée. La rédaction du Stéphanais m’envoie couvrir l’événement, comme nous le faisons chaque année. Je fais des photos à l’école Ampère et, dans la journée, j’en envoie une sélection à la rédaction qui publie un “retour en images” sur les réseaux. Le lendemain, un père d’élève, photographié avec son fils dans la cour, vient à la rédaction demander — très cordialement — que l’on retire la photo. Nous l’effaçons immédiatement.
Le droit à l’image est une problématique complexe qui limite parfois notre travail de photographe. Nous nous efforçons de
respecter l’intégrité des personnes. Dans le respect mutuel, il est toujours possible de s’entendre.

Loïc Seron