« Hors champs » : les photos non publiées du Stéphanais n°334

Dans « Hors champs », les photographes indépendants sollicités par la Ville pour ces reportages quotidiens sélectionnent une photo non-publiée et la commentent. Un exercice atypique qui permet d’offrir un autre regard sur l’actualité stéphanaise. 

“Ce qui fait une photo réussie au-delà de son contexte, c’est souvent une histoire de géométrie. Pas de formules complexes, mais des formes simples comme le carré et le triangle. Dans ce portrait, on peut tracer aisément plusieurs formes qui font écho avec celles du pylône électrique en arrière-plan.”

Guillaume Painchault

“Parfois en reportage, on sent que les gens veulent une photo d’eux en souvenir, ils nous regardent,prennent la pose, attendent… Exactement l’inverse de ce que l’on aime faire en reportage. Souvent je la fais quand même, juste pour eux, pour leur envoyer après. J’ai édité le sujet en urgence et n’ai pas tilté qu’elle était encore dans le dossier avant de l’envoyer…. Le bouclage du magazine s’est lui aussi fait dans le rush, cette photo s’est retrouvée en page 3 du Stéphanais, j’aurais préféré y voir celle-ci.”

Jean-Pierre Sageot

 

La grosse contrainte des portraits de Stéphanais devant leur maison illuminée était la plage horaire assez courte, de la tombée de la nuit, à la nuit noire, soit une heure 30 environ. Le temps d’un à deux portraits. Celui ci est mon préféré, mais il n’a pas trouvé sa place dans le Stéphanais car je l’ai réalisé moins de 36 heures avant l’envoi à l’imprimeur, la page avait déjà été maquettée, et le format vertical de cette photo aurait obligé à tout recommencer. Cette photo ne vivra que sur les réseaux sociaux.

Jean-Pierre Sageot

Les portraits du Stéphanais sont doubles : texte ET image. Journaliste et photographe les font ensemble. Pendant l’interview, le photographe écoute, jauge, essaie de bien “sentir” son sujet, tout en cherchant l’endroit où il va pouvoir le faire poser. Puis on fait la photo : il faut composer avec la personne, le lieu, la lumière, pour immortaliser quelqu’un qui, le plus souvent, n’aime pas être photographié. Il faut mettre à l’aise, créer une confiance qui fera que le sujet “donnera” une bonne image que le photographe n’aura plus qu’à… prendre!

Loïc Seron

Il arrive que le photographe rentre presque bredouille du rendez-vous : inspiration défaillante, inadéquation du lieu, mauvaise lumière, sujet stressé, manque de temps… Quand il n’est pas possible de refaire une séance, une seule photo, deux tout au plus, sont livrées à la rédaction, alors que nous en proposons habituellement une dizaine afin de donner à l’équipe de mise en pages le choix de plusieurs poses, de plusieurs angles de vue. C’est la dure loi du portrait, de la photo de presse — qui relèvent quand même avant tout du plaisir de la rencontre.

Loïc Seron

Le Stéphanais n° 334, du 18 décembre 2025 au 29 janvier 2026