Sous le nom de Shume Bane et avec le collectif Rafh, le jeune DJ stéphanais commence à faire décoller les soirées rouennaises.
Samedi 21 juin 2025. C’est la Fête de la musique et, pour Esteban, c’est même une victoire. Espace du Palais à Rouen, il anime avec son collectif de DJ’s sa première soirée Rafh (pour « Run Away From Home »), qui se terminera devant 2 000 danseuses et danseurs en folie. Un aboutissement et le début d’une nouvelle phase – plus haut, plus vite, plus loin – pour Esteban, alias Shume Bane derrière les platines. Le Stéphanais a 20 ans et déjà 15 ans de passion pour la musique derrière lui. « Mes premiers souvenirs, c’est la radio en voiture, les mixes électro sur Fun Radio. Mon père écoutait beaucoup d’électro. Vers 7 ans, j’avais une chaîne hifi dans ma chambre, on m’offrait des CD pour Noël, je regardais les shows de DJ à la télé. Et, à 14ans, ma tante m’a offert ma première petite platine pour mixer, j’ai commencé à faire des soirées à la maison, en invitant jusqu’à une trentaine de copains », confie Esteban pour sa toute première interview. Ses héros : David Guetta, DJ Snake ou Timmy Trumpet. Ses copains apprécient tellement qu’ils lui conseillent d’en faire son futur. Esteban est convaincu lors de vacances d’été à Albufeira au Portugal.
« Il y avait une rue avec des bars et du bon son de chaque côté, ça dansait de partout. Je me suis dit que je voulais faire ça. »
Comme à la maison
Après le bac, Esteban réussit à intégrer l’UCPA de Poitiers, une des trois écoles françaises qui forment au métier de DJ et sont reconnues par l’État. « On y apprend à mixer, mais aussi à faire un show, des lumières, de la com, à gérer le travail la nuit et surtout à monter et gérer son entreprise.» La formation est en alternance : cours la semaine et travaux pratiques le weekend. Malgré des expériences professionnelles malheureuses, Esteban s’accroche et retrouve la confiance à La Cayenne à Lillebonne. Puis il crée sa boîte et décolle avec les soirées mensuelles Rafh, gros succès à Rouen. « Celle en janvier, j’ai failli pleurer sur scène. Quelqu’un m’avait dit que je n’arriverais jamais à devenir DJ. Je suis passé de mixes devant trois personnes à 1000 qui ont payé leur place ! Ça met tellement le sourire de voir les gens danser, de partager de l’énergie. » Et si ça marche, c’est parce qu’Esteban et ses amis font le show et ont gardé l’esprit des soirées comme à la maison « mais en plus grand », pour l’émotion et vivre des moments plutôt que la frime Instagrammable. Esteban commence à pouvoir se verser un salaire.
Ultime précision : il ne fume pas, n’aime pas l’alcool et n’a jamais pris de drogue. « Tu peux l’écrire dans l’article, ça fera plaisir à ma maman ! »