La retraite en mode actif : des seniors nous parlent de leurs passe-temps

“Ne bougez pas, je vais chercher mon agenda. Je n’en avais pas quand je travaillais, mais aujourd’hui je ne peux pas m’en passer…”

Pour prendre ses rendez-vous, Betty Vital, 73 ans cette année, aurait presque besoin d’un secrétariat ! Il faut dire qu’entre ses activités sportives et de loisirs, d’un côté, ses engagements bénévoles de l’autre, elle n’arrête pas. Dans cette course quasi-permanente, le jeudi a des allures de sprint.

La retraitée, ancienne comptable à l’Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes), fait en effet le tour des centres socioculturels municipaux : tantôt élève, tantôt modèle, elle participe à un atelier coiffure à Georges-Déziré le matin ; puis elle retrouve des seniors à Georges-Brassens pour un temps de convivialité ; avant de filer, le soir, à Jean-Prévost pour son cours de djembé.

Cet agenda donc — sur papier format A3, avec de belles photos de ses enfants et petits-enfants — Betty le remplit scrupuleusement. Pour elle, bien sûr, mais aussi pour son mari : « Il faut que je lise deux fois par jour son emploi du temps pour m’y retrouver », sourit Patrick. À 75 ans, cet ancien mécanicien chez Renault est un peu plus sédentaire. « Mais je me laisse parfois embarquer, confie-t-il. Et je réalise toujours, après coup, que j’avais tort de freiner! » Il est ainsi bénévole avec Betty à l’Association du centre social de La Houssière (ACSH), par l’intermédiaire de laquelle ils jardinent tous les mardis matin avec d’autres seniors, dans une dynamique très solidaire. Il s’est aussi laissé convaincre de s’initier chaque semaine à la sophrologie. Le couple ne raterait pour rien au monde cette pratique qui les ressource tant et qui est aussi l’occasion de retrouver des têtes connues. Notamment celles d’Annie et Jean-Claude Geslin, de quelques années leurs aînés.

Agenda de ministre

Eux aussi ont la double chance de vieillir à deux et de continuer à pouvoir tenir le rythme d’un agenda de ministre, structuré autour d’activités militantes et de détente. Engagée depuis plus de 20 ans à la Confédération syndicale des familles, Annie y conserve quelques fonctions de représentation, à la clinique Mathilde, par exemple, où elle se fait la porte-parole des patients. Côté détente, la retraitée collectionne les séances régulières (chorale Voix de femmes à Jean-Prévost, aquagym à la piscine municipale, marche hebdomadaire avec des amis…) et ponctuelles, à l’instar des spectacles des centres socioculturels et du Rive Gauche. « J’ai toujours su que je n’aurai pas de problème à m’occuper à Saint-Étienne-du-Rouvray, note celle qui a toujours vécu dans la commune. Tout ce qui est fait pour les seniors, c’est formidable! On a beaucoup de chance. Je regrette juste de voir toujours les mêmes têtes, c’est dommage que tous les retraités ne profitent pas plus largement, alors que la tarification se fait suivant les revenus et que même la tranche haute reste raisonnable. »

Bons lecteurs, les deux couples fréquentent aussi assidûment les médiathèques de la ville. Annie apprécie tout particulièrement les rencontres littéraires « JeuDiscute », un jeudi par mois à la médiathèque Georges-Déziré, ainsi que cet atelier d’écriture auquel elle vient de participer à la médiathèque Elsa-Triolet.

Une retraite utile et agréable

Michelle Ardonceau, dernière figure de notre galerie de portraits, a produit, elle aussi, lors de cet atelier, quelques-uns des textes qui ont été restitués en public le 10 février 2026. Tout juste septuagénaire, cette ancienne assistante sociale au centre hospitalier du Rouvray se souvient de s’être préparée à arrêter de travailler : « Une psychologue nous avait fait imaginer notre retraite, raconte-t-elle. Ça m’a été très utile pour ne pas avoir l’impression de tomber dans un puits sans fond, après une vie professionnelle qui m’avait comblée. »

Quelques grammes de sport, un soupçon de création, une grosse ration d’implication sociale et une bonne dose de partage amical, Michelle – qui refuse de dire qu’elle « meuble » son temps, une expression bien trop péjorative – a sans conteste trouvé la recette d’une retraite utile et agréable.

Ambassadrice santé pour la mairie, elle « se forme, s’informe et informe » sur les grandes problématiques de santé publique.
Devenue experte en massages de mains et de bras, elle tisse des liens avec les personnes qu’elle aide à se détendre. Très attentive au bien manger, elle anime des ateliers sur le sujet dans les centres socioculturels de la ville : recettes zéro déchets et échantillons à l’appui, elle mène la bataille contre le sucre blanc et les produits transformés. Cohérente dans ses engagements, elle est également bénévole au Champ des possibles — cette association de Sotteville-lès-Rouen qui milite pour une agriculture et une alimentation durables — et présidente de l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) des Bruyères.

En plus de ces activités tournées vers les autres et des mercredis qu’elle consacre à ses petits-enfants, Michelle prend soin d’elle, avec des séances de relaxation au Cosum, du yoga à la résidence Ambroise-Croizat et du Pilates à la Maison pour tous de Sotteville-lès-Rouen.

Quand après tout cela, il lui reste temps et énergie, elle épluche les propositions qui figurent dans l’agenda du journal municipal, décroche son téléphone et embarque avec elle une poignée d’amis. Une dynamique à elle toute seule !