Les raisons pour lesquelles le soutien scolaire est un coup de pouce pour tous

Avec le soutien scolaire, c’est à toute la famille, tout le quartier et toute la ville que les centres socioculturels et des associations donnent un coup de pouce. Pour les collégiens et les lycéens, une aide aux devoirs est proposée par le centre socioculturel Jean-Prévost et l’association La Passerelle.

Pour les élèves scolarisés en école élémentaire, cela se passe quatre jours par semaine au centre socioculturel Georges-Brassens, à l’ACSH ou dans les locaux associatifs de la CSF. Le soutien scolaire fait partie du dispositif d’aide aux devoirs, baptisé Clas (Contrat local d’accompagnement à la scolarité).

L’apprentissage de l’autonomie

« Le Clas, ce n’est pas que les devoirs. On arrive, on se lave les mains, on prend le goûter, on se lave les dents et ensuite on fait les devoirs. C’est tout un rituel qui, en fait, aide les élèves à devenir autonomes, explique Marlène Cretot, animatrice et référente Clas à l’ACSH qui regroupe 5 animateurs et 8 bénévoles pour le soutien scolaire. Au fil de l’année, ils prennent l’habitude de sortir seuls leur agenda et de faire la liste des devoirs qu’ils ont à faire. Comme ça, ils sauront répéter la même méthode lorsqu’ils arriveront au collège et que les profs ne seront pas derrière eux pour leur dire quoi faire. »

Cadre agréable et petit plus

Une partie de l’efficacité du soutien scolaire réside dans le simple fait d’offrir aux enfants un cadre propice aux devoirs, à mi-chemin entre l’école et la maison.

« On essaie d’apporter quelque chose de nouveau et de plus léger qu’à l’école. C’est parfois bruyant mais si on leur dit “Asseyez-vous ! Faites ça !” Ça, ça ne va pas marcher », détaille Marlène Cretot.

Lundi 19 janvier, alors que presque 30 élèves de l’école Ampère viennent d’arriver à l’ACSH, on sent effectivement que les enfants sont venus travailler dans un endroit où ils se sentent comme chez eux.
« Je vais boire un verre d’eau ! », annonce une jeune fille. « J’arrive, je vais aux toilettes ! », déclame une de ses camarades, sous l’œil des animateurs de l’association et des bénévoles. « D’un côté, on est souples. De l’autre, on essaie d’apporter un petit plus.» Marlène évoque par exemple le cas d’un jeune qui remettait en question l’utilité de faire ses devoirs parce qu’il veut devenir footballeur professionnel. « On est allé regarder ensemble les critères d’entrée à l’école de foot, il a vu que les résultats scolaires étaient pris en compte. Et ça a redonné de l’importance aux devoirs. »

Témoignage : pour les enfants, les parents et le quartier

« Le soutien scolaire permet aussi de développer une action avec les familles, se réjouit Nadjet Berri, référente du Clas au centre socioculturel Georges-Brassens et également coordinatrice enfance et famille. D’un côté, on donne un coup de pouce aux enfants. De l’autre, c’est aussi un coup de pouce aux parents qui n’ont pas toujours le temps ou ne maîtrisent pas assez bien le français ou les nouvelles méthodes scolaires. Ça permet aussi d’échanger avec eux lorsqu’ils viennent chercher leurs enfants. Parfois, on organise des événements spéciaux à la place de l’accompagnement scolaire, pour créer des moments familiaux. Par exemple, avec une chasse au trésor ou la venue du père Noël. Ça permet aussi de tisser du lien social et de faire se rencontrer les familles du quartier. C’est aussi comme ça que certains parents s’impliquent dans la vie du centre et les activités que nous proposons. Et ce n’est pas tout ! On sert aussi parfois de lien entre les parents et l’école. Certains parents préfèrent nous poser des questions ou nous parler d’un problème plutôt que d’intervenir directement auprès de l’école dont ils ne franchissent pas toujours les grilles. »

« Mon parcours est impossible sans solidarité »

Interrogé le 14 janvier sur France Inter à l’occasion de la récente sortie de son livre, « C’était pas gagné ! », le sociologue Marwan Mohammed racontait son parcours : mauvais élève, il passe son Bafa grâce au soutien des animateurs de la maison de quartier où il « traîne beaucoup », puis fera son entrée au CNRS (Centre national de recherche scientifique).

« On ne peut pas en France parler de méritocratie, qui est une idéologie qui vise à justifier les positions des uns et des autres et à naturaliser les inégalités. Il faut faire extrêmement attention à ça. Au contraire, j’explique que mon parcours aurait été impossible sans solidarité, sans tous les dispositifs de solidarité. C’est ce qui disparaît progressivement, l’action sociale territoriale, et ça a été essentiel à tous les niveaux. »