Le sport comme outil d’intégration : portrait de Livie

Au pied des immeubles du Château blanc, Livie-Renate Bonzo Goma anime des ateliers de sport avec les enfants. Une mission éclairée par son parcours personnel.

Le mercredi matin, il y a de l’animation au Château blanc. Parce que c’est le jour du marché. Mais pas uniquement : c’est aussi le moment où, un peu plus bas, au parc Eugénie-Cotton, Livie-Renate Bonzo Goma (plus connue sous le nom de Livie) anime des ateliers sportifs avec des enfants du quartier.

Pendant les vacances d’avril, c’était tous les jours et une cinquantaine d’enfants étaient présents pour bouger avec Livie et profiter de sorties au Kindarena, au tournoi de tennis ou au Terrain d’aventure.

Depuis qu’elle fait ses ateliers avec son association Anim’ Parks, Livie est devenue une figure du quartier, elle a gagné la reconnaissance et la confiance des habitants.

« Les filles veulent toujours que je sois là. Et quand je vais chercher mon fils à l’école Wallon, j’ai des câlins de plein d’enfants. Ça me fait chaud au cœur », dit-elle.

La récompense du cœur pour une présence et un travail de proximité, mais aussi un parcours personnel qui éclaire son action. Quand elle est au city stade avec les enfants, Livie est aussi en train de travailler pour ses études : en lien avec l’université de Brest, elle prépare une thèse sur les pratiques sportives comme outil d’intégration. Livie-Renate Bonzo Goma a grandi au Congo-Brazzaville, très vite attirée par le sport. Elle a pratiqué le volley-ball intensément, tout en faisant des études supérieures en lien avec le sport. Elle finit par travailler auprès du ministre des Sports. En haut de l’échelle sociale, mais un peu trop loin des terrains de sport à son goût.

Plus que du sport

Livie vient alors en France pour continuer à se former, dans le management du sport puis l’animation sociale. En formation à Canteleu, elle passe aux travaux pratiques en créant Anim’ Parks.

« Ma vision, c’est l’éducation populaire, le sport comme outil d’intégration et de cohésion sociale. Dans mes animations, il y a du sport bien sûr mais aussi des activités de vie quotidienne et citoyenne, des sorties…»

Les animations sont gratuites (sauf l’assurance annuelle, modique, pour les sorties) et ont lieu le mercredi matin, pendant toutes les petites vacances et tout le mois de juillet.

Très investie avec ses trois animateurs, Livie veut aussi amener les enfants les plus motivés à continuer le sport en club. Puis elle voudrait développer le basket et le volley au Château blanc, continuer à motiver les filles (majoritaires dans les Anim’ Parks) et faire découvrir d’autres parcs de la ville à «ses » jeunes. « Je me sens fière de ce qu’on a déjà fait. Les voisins ne déposent plus leurs déchets ici, c’est devenu l’endroit des enfants, ils s’en occupent. À Saint-Étienne-du-Rouvray, les habitants sont très chaleureux, j’ai retrouvé ici une vie familiale africaine, on est soudés, solidaires. Je ne sais pas ce que je ferai à la fin de ma formation, mais je suis sûre que si je pars d’ici, j’aurai les larmes aux yeux. » Le plus tard possible alors…