« Récompenser le comportement citoyen des jeunes »

Photos Guillaume Painchault

Depuis le début des vacances d’automne, les jeunes du centre socioculturel Jean-Prévost peuvent “acheter” des denrées diverses, issues d’une épicerie éphémère et solidaire. Un projet créé pour mettre en avant plusieurs valeurs citoyennes et une meilleure alimentation.

Des cris joyeux résonnent à travers les murs du centre socioculturel Jean-Prévost. Des jeunes de 11 à 17 ans se mêlent à différents groupes, heureux de se retrouver. Il est bientôt 16h15 ce mercredi 28 octobre, plusieurs jeunes filles et garçons se pressent vers une salle. A l’intérieur, une épicerie éphémère et solidaire, concept mis en place par Willy Mornal, (coordinateur jeunesse vie locale au centre socioculturel) et ses équipes.

Une monnaie qui repose sur plusieurs valeurs

En développant ce projet, Willy Mornal a imaginé un outil éducatif, le « Rebeca ». Un acronyme bien pensé : « Respect, Expression, Bienveillance, Egalité, Citoyenneté, Autonomie ». « L’outil a été mis en place depuis le mois de février dernier, en mettant en avant des valeurs en accord avec la Ville », explique le coordinateur jeunesse vie locale. « L’épicerie éphémère et solidaire rentre dans le cadre du plan éducatif local, tout comme d’autres projets développés, comme le podcast, le théâtre, l’écriture », complète-t-il.

En quoi cela consiste ? « Le Rebeca est devenu une monnaie interne propre à l’épicerie. Les jeunes peuvent gagner des billets en respectant des valeurs liées à l’acronyme. Par exemple, ils vont gagner des Rebeca en ramassant des déchets trouvés par terre, en faisant preuve de courtoisie les uns avec les autres, ou encore en prenant tout type d’initiatives », distille Willy Mornal.

 

“Nous tenons particulièrement à mettre en avant des produits faits maison”

– Willy Mornal, coordinateur jeunesse vie locale

Plusieurs affiches collées à divers endroits éclairent avec précision le coût des produits à disposition. Par exemple, les jeunes doivent dépenser un Rebeca pour un fruit, une compote, ou encore du pain avec du chocolat ou de la confiture.

Une attention particulière est accordée aux produits faits maison, comme ici des fondants au chocolat.

Les fondants au chocolat ont suscité la convoitise des jeunes.

« L’objectif est aussi de sensibiliser les jeunes au bien manger et de les inciter à la cuisine. Ils ont toute l’autonomie de choisir ce qu’ils veulent », éclaire Willy Mornal. Les produits industriels, appelés « produits plaisirs », sont par ailleurs plus chers que les produits maison. Il faut ainsi débourser trois Rebeca pour un produit industriel emballé, une barre chocolatée ou une confiserie, contre un Rebeca pour une part de gâteau, une crêpe, ou encore une gaufre, toutes faites à la main.Le concept de l’épicerie rencontre en tout cas un succès assez impressionnant : une longue file de jeunes se forme. Chacun d’entre eux souhaite dépenser ses Rebeca. Qu’en pensent les premiers concernés justement ?

“Chaque chose se mérite”

– Shayma et Jenna, jeunes qui travaillent à plein temps sur le projet de l’épicerie sociale et solidaire

Shayma et Jenna sont accompagnées par Sonia, animatrice au centre Jean-Prévost. Les deux Stéphanaises, âgées de 17 et 16 ans, sont très investies et travaillent à temps plein sur le projet de l’épicerie sociale et solidaire. « On remarque qu’il y a moins de détériorations depuis l’ouverture de l’épicerie », souligne Shayma, alors qu’un groupe de jeunes scrute avec intérêt les fondants au chocolat posés sur la table. « On est motivé pour faire de bonnes actions de la vie quotidienne, on se challenge entre nous », sourit une adolescente, un Rebeca à la main. « Depuis le début des vacances, il y a toujours autant de monde, le projet fait fureur !  », complètent Jenna et Sonia.

 

Que diraient-elles pour susciter l’intérêt d’autres jeunes ? Une formule est rapidement trouvée : « Chaque chose se mérite », lancent-elles d’une même voix.

Une ouverture prolongée ?

Initialement prévue pour durer jusqu’à la fin des vacances de la Toussaint, l’épicerie éphémère et solidaire pourrait prolonger au-delà l’ouverture de ses portes, quotidiennement de 16h15 à 17 heures.

Des jeunes peuvent par ailleurs se manifester pour gérer l’épicerie. Installation des produits, accueil des groupes, tenir la caisse ou encore rangement et nettoyage de l’espace… Un engagement naturellement récompensé… par des Rebeca !