Ce 26 juillet a été commémoré les 10 ans de l’assassinat du père Hamel, en présence de sa famille, de nombreux responsables politiques et religieux et de quelques centaines d’habitantes et d’habitants de la ville. Voici notre récit de la journée.
Quelques heures avant le début de la journée de commémoration à Saint-Étienne-du-Rouvray, un attentat meurtrier était commis à Berlin contre un défilé de la Marche des fiertés. Ce drame, évoqué avec gravité par l’ancien maire Hubert Wulfranc le 26 juillet au matin en conférence de presse, rappelait malheureusement que rien n’est fini, rien n’est gagné, rien n’a changé… Nous n’aurons pas été les derniers à pleurer : 10 ans après l’attentat contre le père Hamel, le terrorisme continue à frapper. Et l’extrême droite islamophobe continue à mettre de l’huile sur le feu pour semer le trouble et la discorde.
Mais le dimanche 26 juillet 2026 à Saint-Étienne-du-Rouvray, les discours de haine et de division n’auront pas été audibles. La journée s’est déroulée entre la mairie et l’église – les lieux et ce qu’ils représentent. Depuis 10 ans, les autorités républicaines et religieuses s’attellent à travailler main dans la main et tenir un cap d’apaisement et de fraternité, qui inclut aussi la communauté musulmane. Le symbole exceptionnel de cette volonté, c’est l’amitié cultivée entre Roseline Hamel, sœur du père Hamel, et Nassera Kermiche, mère de l’un des deux terroristes. Ces deux femmes donnent l’exemple.

Le 26 juillet 2026, la journée de commémoration commence en face de la mairie, au presbytère où vivait le père Hamel et où séjournent encore les membres de sa famille quand ils sont de passage. La foule se rassemble dans la cour du presbytère. Accolades, retrouvailles, discussions, sourires… Les ceintures des hommes d’église côtoient les écharpes des élus. La marche silencieuse démarre après l’arrivée de François Hollande et Bernard Cazeneuve. Sous les yeux des caméras et encadré par un important dispositif de sécurité, le cortège se dirige vers l’église. Après un moment de recueillement devant la stèle républicaine, le maire Joachim Moyse et Roseline Hamel, très émue, dévoilent la plaque « Parvis Jacques-Hamel » à l’entrée de l’église.


Les portes de l’église s’ouvrent ensuite, pour faire entrer les centaines de personnes qui souhaitent assister à la messe, célébrée par le cardinal Aveline et diffusée en direct à la télévision. Le Premier ministre Sébastien Lecornu est arrivé dans l’église en toute discrétion. Dans la salle Devos et la salle de presse du centre socioculturel Georges-Déziré, privatisées par la paroisse pour l’occasion, près de 200 personnes qui n’ont pas pu entrer dans l’église ont la possibilité de suivre la messe sur grand écran.


Vient ensuite l’heure de la cérémonie civile face à la stèle républicaine. Au premier rang, les mines sont graves pendant les discours. Du maire Joachim Moyse au cardinal Jean-Marc Aveline en passant par le député Édouard Bénard ou le Premier ministre Sébastien Lecornu (affecté par une extinction de voix, son discours est lu par le préfet Jean-Benoît Albertini), les propos mélangent souvenirs personnels, louanges du père Hamel et rappel des valeurs républicaines et humanistes, dans la nuance et le respect des différences.


Conclue à Saint-Étienne-du-Rouvray par le partage d’un verre de l’amitié, cette journée du 26 juillet 2026 aura ressemblé à un autre exemple de ce « mieux vivre ensemble » devenu devise de la Ville après l’attentat contre Jacques Hamel.
