“Hors champs” : les photos non publiées du “Stéphanais” d’octobre 2026

Dans “Hors champs”, les photographes indépendants sollicités par la Ville pour ses reportages sélectionnent des photos non publiées et les commentent. Un exercice atypique qui permet d’offrir un autre regard sur l’actualité stéphanaise.

Partant du constat que les comportements changent dès que les gens aperçoivent qu’ils sont photographiés, je fais toujours en sorte de me fondre dans le décor afin de pouvoir réaliser des photos qui me semblent témoigner le plus authentiquement possible d’une situation. Mon but est que quiconque regarde les photos ait l’impression d’être immergé dans l’événement, comme s’il ou elle y assistait, plutôt que de voir des images de gens regardant un appareil photo – avec tous les écueils que cela implique à l’époque du selfie et du culte de l’image. C’est pourquoi je considère que, pour ce reportage, je pouvais livrer au Stéphanais la photo de gauche, et pas celle de droite.

Loïc Seron

Parfois on ne parvient pas, en une seule photo, à décrire une situation de façon suffisamment claire. Ici il s’agissait d’un jeu concours consistant à estimer au plus près la valeur d’une vitrine : les femmes à gauche sont en train de faire leurs calculs ; l’homme à droite vient de donner son estimation à l’équipe tenant le stand, et un reçu est en train d’être écrit pour en attester. Mais la lecture de l’image est difficile ! Aurait-il fallu mettre en scène ? Je n’aime pas ça… Et si la photo a besoin d’une légende explicative pour prendre sens, il vaut mieux s’abstenir… J’ai fini par la retirer de ma sélection.

Loïc Seron

Après avoir œuvré une bonne heure sur la partie reportage de la commande, cette scène était vraiment ce que je recherchais pour tenter une “couve”. Je me suis décalé sur la droite pour être face à eux et ouvrir la perspective tout en ayant un arrière plan moins présent. En un instant tout s’est placé idéalement dans le cadre. Il aura fallu quelques dizaines de secondes pour arriver de la première photo à celle qui est en Une du Stéphanais 343. Parfois c’est beaucoup plus long, parfois ça ne marche pas, c’est aussi ce qui fait le sel de ce métier.

Jean-Pierre Sageot

J’ai livré une soixantaine de photos sur les manifs du 6 et du 17 octobre, quatre sont dans le Stéphanais n° 343. Pour des sujets d’actu comme celui là, c’est rare que d’autres ressortent des archives en presse institutionnelle. Je vous dévoile celle-ci que j’aime particulièrement, issue de ma deuxième recherche de “couve”, mais qui s’est révélée moins dynamique et symbolique que celle choisie par la rédac.

Jean-Pierre Sageot

“Bêle comme le jour”

Page 7 du Stéphanais 343, je découvre avec joie ma photo préférée de la série. Il s’agit de celle représentant la chèvre blanche de profil avec un reflet de l’objectif. Elle est en petit format, mais elle méritait une double page du journal. Bravo à l’équipe qui a l’œil !

« Je regrette les temps de l’antique jeunesse,

Des satyres lascifs, des faunes

animaux »

“Les Cahiers de Douai”, Arthur Rimbaud

Guillaume Painchault

Encore une fois, je deviens photographe animalier. Les vaches du rond-point ont participé à Octobre rose. Comme vous pouvez l’observer, le temps n’était pas très favorable ce jour-là. Je m’occupe du traitement des photos en vitesse pour les confier aux journalistes. Je les observe à nouveau et constate qu’elles manquent de contraste. Ni une ni deux, je rectifie le tir et informe l’équipe qui me dit que les photos sont déjà sur les réseaux !

Guillaume Painchault