Jusqu’à la fin du mois d’octobre, le rez-de-chaussée du centre socioculturel Georges-Déziré accueille une grande exposition consacrée aux cimetières stéphanais. C’est l’œuvre de l’Atelier histoire & patrimoine, qui fête ses 20 ans cet automne.
Rencontre avec Catherine Voranger et Yvon Rémy, deux de ses membres aussi actifs qu’enthousiastes.

Comment l’Atelier histoire & patrimoine a-t-il commencé ?
Yvon Rémy : Ça a commencé en 2006, sur l’idée de la famille Gosselin de créer une exposition pour marquer l’anniversaire du Front populaire en 1936. On était tous issus du milieu enseignant, avec aussi Martine Cadec qui était directrice du centre Georges-Déziré à l’époque, dans les anciens locaux. C’est elle qui a donné l’impulsion et a créé une première exposition sur l’église, à base de cartes postales. L’expo avait eu du succès, on s’était dit qu’il fallait continuer.
Combien d’expositions avez-vous produites en 20 ans et lesquelles avez-vous préférées ?
Y. R. : On a fait 15-20 expos, presqu’une par an et celle que j’ai préféré c’est l’histoire des écoles, en 2018.
Catherine Voranger : Pour moi, c’est l’expo sur la Seine, le rapport entre le fleuve et la ville. Personne ne pense que la ville est en bord de Seine, alors qu’elle a eu une grande influence sur son développement.
Y. R. : Cette expo, c’est comme celle sur les cimetières. Au départ on se disait « On ne va rien avoir à dire ». Et on fait une exposition assez fouillée, avec beaucoup de photos. On aime traiter les sujets par des images. Quand un panneau est trop long, avec trop d’explications, on ne lit pas tout. On est adeptes du visuel.
Comment se fait le choix des thèmes ?
Y. R. : Ça vient de nous et de l’air du temps. Pour les cimetières, c’était une demande du maire. On a fait plus de 40 panneaux. Monter une expo prend une bonne année, si ce n’est pas deux. Mais celle sur les cimetières a été montée très vite, on a commencé à y travailler en mars. J’en ai fait des allers-retours aux cimetières pour faire des recherches et des photos…
C. V. : On a été nourris par les gens qui travaillent dans les cimetières. Ça a été une rencontre très intéressante pour nous, pour mieux connaître leurs métiers, leur cadre de travail. Et eux-mêmes ont été intéressés de voir tout ce qu’on a trouvé sur l’histoire des tombes et des cimetières. Dans le cadre de l’atelier, je suis nourrie par les rencontres que je fais avec des Stéphanais. J’ai travaillé sur des parcours d’immigrés, j’ai rencontré des gens bouleversants. Tout ça on le capitalise.
Quelle a été l’expo la plus difficile à monter ?
Y. R. : Celle sur les commerces. Pas par manque de matière mais au contraire parce qu’il y avait trop d’infos, il a fallu faire du tri, décider de ce qu’on n’allait pas mettre dans l’expo. C’est souvent comme ça : ça commence doucement et on s’aperçoit qu’il y a beaucoup de matière.
L’atelier fonctionne avec des bénévoles passionnés ?
C. V. : Oui, aujourd’hui on est 8, avec trois ou quatre membres vraiment actifs. On n’est pas nombreux, mais on sait qu’on peut compter les uns sur les autres. Et nous avons le soutien de Franck Hartnagel, l’archiviste de la Ville. Son aide est très précieuse, il nous retrouve beaucoup de documents. Tout ce que nous faisons est numérisé, même si on a un problème de classements, de méthodologie. Nous ne sommes ni archivistes ni historiens, on le sent parfois. Mais nous sommes assistés par des professionnels, il faut des gens qui soient moteurs.

Qu’est-ce qu’on peut souhaiter à l’atelier pour ses 20 ans ?
C. V. : De rencontrer et recruter des gens qui ont envie de parler de la ville, qui ont des idées, des anecdotes, des souvenirs, des photos, des choses à dire sur Saint-Etienne-du-Rouvray. Pour les prochaines expos, on n’a pas encore de sujet défini qui nous mobilise mais on travaille notamment sur l’asile Saint-Yon, l’hôpital psychiatrique. La difficulté c’est que les archives ont brûlé en 1945. Après 20 ans, on s’essouffle un peu. Si des gens ont des idées de sujets qui n’ont pas encore été faits, ils sont bienvenus.